PÊLE-MÊLE

       

 Christine Boquillon 
 Didier Casado

 Corinne Chauvain
 Bernard Finger
 Brigitte Avril
 Marie Coupel
 Francis Dupuis
 Jean-Claude Doudet
 Patrice Boquillion
 Francis Perrien
 Geneviève Brice
 Jean-Claude Thuillier
  Martine Baraton
  Catherine Leclercq
  Gérard Bourdeau
  
  Gilles Nadal
  Francis Collignon
 Jacques Depeyre
  Bernard Gagneur
  Alain Delannoy 
  Martine Riquet
  Jean-Luc Dequin
  De la licence
  Philippe Toffier
  Arrêt sur image
  Dominique Dupuis
  Binôme
  Darie Six
  Frédéric Mazet 
 
 

 
 

 
Christine Boquillion

« Le citoyen n’est pas un consommateur.
C’est un producteur d’idées, de convictions, d’engagement, de solidarité. »
(François Bayrou)

  Le 29 novembre dernier, Monsieur Yves Rome, Sénateur et Président du Conseil Général de l’Oise, a remis à Madame Christine Boquillion, que vous connaissez tous, le Diplôme de l’Engagement Citoyen.
  C’est l’occasion pour nous bridgeurs picards de la féliciter chaudement et d’aller à sa rencontre pour une amicale conversation.

MCJ : Bonjour Christine et félicitations pour l’hommage qui vient de t’être rendu à l’initiative du club de Beauvais. Qu’est donc exactement ce Diplôme de l’Engagement Citoyen ?

CB : C’est un diplôme qui récompense, pour la majorité, les personnes œuvrant depuis longtemps bénévolement dans le cadre de leur association, quelle que soit cette association, qu’elle soit sportive, caritative, d’aide à la personne, etc …

MCJ : Une bien belle et noble reconnaissance ! Longtemps que tu « œuvres bénévolement » pour le club de bridge de Beauvais ?

CB : Je me suis licenciée au club de Beauvais en 1985, avec Patrice, mon conjoint, qui a commencé par y donner des cours de mini-bridge. J’ai été ensuite élue au Bureau du club en même temps que Robert Laurain en 1987. En 1989, après avoir créé un premier logiciel de dépouillement de tournoi et d’envoi de points d’experts automatique, Patrice a mis au point un logiciel de comptabilité à l’usage des clubs de bridge. J’ai décidé de l’expérimenter en tant que Trésorière. Au jour d’aujourd’hui, je suis toujours la Trésorière du Beauvais BC : autorise-moi à dire que je fais partie des murs.

MCJ : Accordé puisque tu ne veux pas faire le mur. Si je sais toujours compter, cela fait donc vingt-six années de dévouement ! Et aucune lassitude ? Car il est loin d’être évident de réussir le difficile engagement de n’exiger aucun engagement …

CB : Patrice et moi avons dès le départ participé activement à la vie de notre club grâce à Georges Johanin, alors Président, qui a su nous faire aimer le bridge et nous mettre de suite dans le bain. Nous avons apprécié sa vision de la vie associative se construisant grâce à l’engagement gratuit et sans caractère d’obligation des différents acteurs impliqués.Le chemin n’a pas toujours été facile mais j’espère avoir su apporter quelques pierres.La lassitude, elle existe bien sûr, mais les compensations aussi. Le bridge, que ce soit sur le plan du jeu ou sur celui de l’engagement associatif, nous a aussi permis de nous vider la tête et de surmonter un peu de très mauvais moments de la vie.

MCJ : Il est vrai que c’est là l’un des bienfaits reconnus de ce jeu. Si je comprends bien, tu privilégies le bénévolat par rapport au volontariat. Peut-être le moyen de naître à une certaine humanité en abrogeant les contraintes marchandes ?

CB : Oui, il est vrai que j’ai une nette préférence pour le bénévolat, dans toute l’acception de ce terme, même si beaucoup pensent que toute activité correspondant à la satisfaction d’un besoin doit trouver une juste rémunération. Il est pourtant très enrichissant sur un plan strictement personnel de consacrer une partie de son temps à des activités qui ne relèvent pas du secteur marchand. Il s’agit là d’un don que l’on fait à une entité pour laquelle on veut un parcours gagnant-gagnant. Dans le monde du bridge, ce don contribue à la stabilité et à la cohésion des clubs et des comités. Et finalement, la convivialité, le partage de bons moments ne sont-ils pas quelque part aussi une rémunération ?En point d’orgue néanmoins l’attitude de certains qui croient que tout leur est dû et qui confondent « bénévoles » et « bénévolants ». Que dire par exemple de ces quelques joueurs qui quittent les lieux de compétitions en laissant derrière eux bouteilles vides et autres déchets ? Je trouve ceci vraiment navrant …

MCJ : C’est exact mais il faut bien accepter les brebis noires comme les blanches …

Nous n’avons parlé jusqu’ici que de ton engagement pour le club de Beauvais. Qu’en est-il de ta fonction au sein du comité ?

CB : Au comité, je pense avoir commencé dans les années 93-94 ou 95, dans la Commission Compétitions qui, à l’époque, n’était réduite qu’à un petit nombre d’« initiés ». Puis Jean-Claude Thuillier, qui voulait l’élargir, m’a demandé de m’occuper des Compétitions « Honneur » et « Excellence » avec Jacques Butel comme Directeur. Ce devait être en 98 … C’est à cette époque que la Commission Compétitions a évolué vers le groupe « multiloculaire » qu’elle est aujourd’hui.Par la suite cependant, devant la fréquence des championnats et mon manque de disponibilité, j’ai demandé au bout de deux années à ne garder en gestion que les épreuves par quatre « Honneur » et « Excellence ». J’ai néanmoins repris courageusement depuis deux ans, surtout pour une meilleure efficacité dans l’organisation de mes tableaux, les épreuves par quatre « Promotion ».

MCJ : Que de responsabilités ! J’en perdrais mon latin !

CB : Au début, la tâche était conséquente. Mais depuis, le travail a beaucoup évolué, Internet en ayant énormément facilité l’exécution. Notre Directeur des Compétitions Patrice Boquillion a également contribué à l’allégement de nos fonctions en nous créant des logiciels adaptés à la mise en forme des convocations. La communication avec les clubs et même aujourd’hui les joueurs est devenue telle que les problèmes se résolvent dans l’instant. Crois-moi, tout est beaucoup moins contraignant qu’il y a deux décennies. Tu peux garder ton latin.

MCJ : Tu me vois rassurée. D’autres passions dans ta vie ?

CB : D’autres passions ? Oui. J’aime beaucoup les travaux manuels, avec une nette préférence pour la broderie. C’est un loisir apaisant qui me fait rencontrer d’autres personnes. La photo me plaît aussi, mais toujours sur un plan manuel. J’aime fabriquer des montages, concevoir des albums photos de nos vacances, de nos fêtes … C’est le moyen en quelque sorte de capturer tous les bons moments de la vie. Et la cuisine. Surtout dans ce qu’elle a de convivial au titre du partage amical.

MCJ : Ton plat préféré ?

CB : Difficile à dire, j’aime la nouveauté, peut être les tajines et plats réunionnais, ils rappellent le soleil.

MCJ : Celui que tu réussis le mieux ?

CB : Un gigot de sept heures.

MCJ : Je prends donc rendez-vous pour le gigot de sept heures. Merci Christine pour cette agréable conversation.  

  

 

 

 
Didier Casado

La fierté, condition sine qua none de survie d’une collectivité
(Alice Parizeau)

Et si nous osions afficher notre fierté… “ Pas vraiment politiquement correct ”, rétorquerait-on. Mais ce n’est ni vain, ni ambitieux et c’est totalement dénué d’amour propre. Être fier, c’est tout simplement savoir ce que l’on vaut. Et notre valeur dans le domaine du Bridge scolaire est en pleine ascension !

 Quelques chiffres concernant la saison que l’on vient de clore :
- cent soixante-douze licences scolaires, soit une augmentation de 278 % par rapport à la saison précédente
- vingt-cinq nouveaux initiateurs formés
- onze nouveaux clubs scolaires
 Qu’en dites-vous ? C’est beau, n’est ce pas ?
 Les acteurs ? En amont, l’initiative du Président Jean-Claude Thuillier et sur le terrain, manches retroussées, une saison avec Manuel Correa Rolo, Délégué Jeunesse par intérim, et Didier Casado, LE Délégué Jeunesse.

 MCJ : Bonjour Didier. Je savais bien que je ne te ferais pas rougir, même avec tous ces compliments préliminaires. Une année déjà en tant que Délégué Jeunesse. Est-ce que l’habit te va bien ?

 DC : Oui, surtout que je suis dans mon élément : l’enseignement d’une part et le bridge, qui est l’une de mes passions, d’autre part. Contribuer à l’éclosion de nouveaux bridgeurs est un défi qui me tient à cœur (ou pique).

 MCJ : Tu enseignes donc si j’ai bien compris …

 DC : Oui, la Technologie, au collège Marcelin Berthelot de Nogent-sur-Oise, depuis cinq ans. J’ai aussi enseigné le bridge dans ce collège pendant trois ans mais ces deux dernières années, pas de volontaires. J’espère redémarrer l’activité de bridge scolaire cette année.

 MCJ : Si je sais bien compter, cela fait donc cinq ans que tu évolues dans le scolaire. Et pourquoi cette dernière ouverture vers un espace plus vaste ? Peut-être moins pépère la fonction de délégué ?

 DC : J’ai toujours eu envie de m’investir dans la vie de mon comité mais, ces dernières années, avec la charge de travail que j’avais au collège, cela me semblait bien difficile. Mais je vous l’avais promis à Martine et à toi ! Alors quel rôle occuper au sein du comité ? Le Bridge scolaire me semblait une voie toute tracée !

“ Cinq années de bridge scolaire ”, dis-tu, pas vraiment, j’ai fait une fausse entame : j’ai réellement commencé le bridge scolaire en 2003 au Collège Jules Michelet de Creil.

 MCJ : Ne t’inquiète pas, je n’appellerai pas l’arbitre pour ton entame hors tour. Quoique… si l’on pouvait te pénaliser pour quelques décennies, nous serions relativement tranquilles au niveau du “ Bridge Jeunes ”. Maintenant que tu as réussi à redresser la barre, as tu de nouvelles perspectives ?

 DC : Augmenter le nombre de nos cadets ! C’est là où nous devons maintenant concentrer tous nos efforts. Tant que les jeunes sont en collège, il est relativement aisé de les motiver mais dès qu’ils quittent le collège, il est très difficile de les garder. Leur charge de travail devient plus importante et les groupes s’éclatent sur différents lycées. Par ailleurs le foot, le tennis ou autres l’emportent bien plus souvent et c’est le bridge qui est délaissé. L’objectif pour 2013 : une dizaine de cadets !

 MCJ : C’est vrai que nous serions bien contents d’en avoir une bonne dizaine. Des protocoles que tu vas conseiller de suivre sur ce plan ?

 DC : Des protocoles ! Comme tu y vas ! C’est à un vrai travail de fourmi auquel nous devons nous atteler. Nous n’avons aucune grande métropole en Picardie susceptible de devenir le creuset de notre bridge cadet et nous devons bien nous adapter à un terrain où tous les protagonistes sont dispersé et bien souvent même isolés.
Le premier pas est de faire venir nos scolaires dans les clubs et c’est une démarche qu’il faut entreprendre avant même la fin de la première année. Beaucoup trop tard d’attendre la rentrée suivante : l’oiseau se sera déjà envolé. Et dans les clubs ensuite, il faut les occuper et mettre les moniteurs dans le coup et mettre aussi les parents dans le coup. Et surtout leur apporter de l’enthousiasme, beaucoup d’enthousiasme !

 MCJ : Oui, important l’enthousiasme …

 DC : Il faut ensuite leur faire toucher de près l’idée qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils appartiennent à un groupe. C’est très bon pour la motivation et l’engagement. Et pour ce faire, rien de tel que de créer au niveau de tout le comité des événementiels auxquels ils peuvent participer : soirées “ cours – repas – tournoi ”, séjours de deux, trois jours dans un lieu de vacances avec cours, entraînement, tournois et distractions … Et je suis prêt à donner de mon temps libre pour ça. Comme le dit Woody Allen, “ Il n’y a pas mieux pour créer un groupe que de mettre des acteurs dans un car pendant trois jours. ”

 MCJ : C’est vrai, il y a une différence capitale entre “ être ” ou “ en être ”. Dès qu’on “ en est ” et qu’on s’amuse, c’est gagné.

 DC : Tu vois, on est très loin des protocoles. Il ne faut pas penser à l’objectif à atteindre. Il faut juste se donner. Et c’est ainsi, à force, qu’on atteint ses objectifs, parfois même sans s’en rendre compte.
Autre chose aussi, pour l’enthousiasme et la cohésion, leur faire approcher de très près tous nos jeunes champions. Zidane fait bien jouer des tonnes de gamins au football. On peut rêver et se dire qu’un Lorenzini ou qu’un Lhuissier pourrait faire jouer des gamins au bridge.

 MCJ : Il ne te reste plus qu’une chose à faire dans ce cas Didier, devenir leur idole. Ca t’irait bien.
Et que leur dirais-tu à tous ces jeunes de ton bridge à toi ?

 DC : Que je suis tombé dans la marmite lors de mon service militaire en coopération et que je regrette de n’avoir pas pu apprendre ce jeu, qui est sans aucun doute le plus beau jeu de cartes au monde, plus tôt. Chaque donne est un problème à résoudre, on en discute avec des avis différents, ce qui permet de progresser. Quant à devenir leur idole, je n’en ai pas la prétention et puis je serais un modèle avec beaucoup de défauts.

 MCJ : D’autres passions Didier ?

 DC : En bon méridional, forcément la pétanque ! Mais depuis quelques années, je l’ai laissée un peu de côté : finies les compétitions, je ne joue plus qu’en « partie libre » avec des amis. Pour la première fois depuis trente-cinq ans cette année, je n’ai pas pris de licence mais je compte bien m’offrir un fabuleux come-back en 2013 ... « C’est pas facile, c’est difficile » (l’une de mes élèves de bridge se reconnaîtra bien dans cette phrase).
Et puis le ski ! Une saison sans pouvoir dévaler les pistes me parait impossible !

 MCJ : Je te remercie Didier pour ces quelques moments en ta compagnie. Avec ou sans come back, on t’aime bien et on compte sur toi. La jeunesse compte sur toi !

  

 

 
 

 
Corinne Chauvain

Le Développement, l’affaire de personne ? Ou une affaire de personne ?

  Depuis le 1er juin 2012, avec le départ définitif de Martine Baraton que nous regrettons tous énormément, le « Développement » en Picardie n’avait plus de « grand chef ». Nous n’avons cependant pas tardé à retrouver quelqu’un qui aura tout autant de charisme, nous en sommes sûrs. Il s’agit de Corinne Chauvain, que tous ne connaissent peut-être pas, mais qui est depuis longtemps le bras droit du Président du club de Chaumont-en-Vexin.

MCJ : Bonjour Corinne. Les projecteurs viennent de se braquer brutalement sur toi. Heureuse de ta nouvelle nomination en tant que Déléguée Développement du Comité de Picardie ?

CC : Bonjour Marie-Christine. Surprise tout d'abord d'avoir été sollicitée par les "Hautes Instances", moi qui jusqu'à présent n'officiais que dans l'ombre de notre petit club chaumontois. Mais bien évidemment heureuse d'intégrer une équipe qui me paraît fort dynamique et heureuse surtout d'aider à promouvoir, je l'espère, notre passion commune à tous.

MCJ : Et bien tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes alors. Et puisque tu es déjà sous les feux de la rampe, j’entre de suite dans le vif du sujet. Comment penses-tu aborder cette tâche oh combien vaste que l’on vient de te confier ?

CC : Aller au devant de tous les responsables de club, de façon individuelle et régulière me semble essentiel. Le bon contact, la communication et les résultats seront à ce prix. Être à l'écoute des éventuelles difficultés (recruter de nouveaux joueurs n'est pas chose aisée), proposer des solutions. En effet, la FFB met à notre disposition des supports importants voire pertinents. A moi de bien les faire connaître et d'être au plus près de chacun pour motiver, conseiller, encourager. C'est ambitieux, non...?

MCJ : Très ambitieux mais incontournable. Des objectifs précis pour la saison à venir ?

CC : De chiffres, je ne m'avancerai pas à en donner. Il est un peu trop tôt. Je vais déjà m'attacher à mettre en pratique au sein de notre club de Chaumont beaucoup de moyens : participation au Forum des Associations, opération Bridger Ensemble, mise en place d’un accueil pour nos jeunes. Enfin bref donner le bon exemple et je suis sûre que les résultats seront au rendez-vous. Et surtout, sur le métier remettre cent fois mon ouvrage ; ensuite viendra l'heure du bilan. Positif, j'y crois.

MCJ : Comme quoi le Développement est bien une affaire de personne avant tout. Tu m’as convaincue et j’y crois avec toi. Sur un plan plus personnel, comment es-tu venue au bridge ?

CC : Parcours totalement atypique. Ma gentille belle-mère, bridgeuse de salon, ne sachant que faire d'un carnet de leçons m'en a fait profiter. Le virus s'est rapidement propagé et je me suis retrouvée très vite intégrée avec dans une main un jeu de cartes et dans l'autre un couffin où ma fille dormait paisiblement. C'est te dire s'il y a longtemps … !

MCJ : En effet ! Et depuis, quelle forme de rapport avec le bridge ?

CC : Une passion dévorante ! Depuis toutes ces années, j'ai toujours l'envie d'apprendre un peu plus chaque jour et le plaisir de jouer un peu mieux aussi. J'aime cette discipline où l'effort est tellement récompensé. J'aime aussi ce sentiment de savoir qu'avec le bridge c'est un peu "no limit" et enfin l'adrénaline des compétitions, quel plaisir incomparable ! Voilà une bonne raison pour développer le bridge fédéral. Plus je pratique le bridge et plus j'ai envie de le faire connaître et de faire savoir surtout qu'absolument tout le monde peut y trouver son plaisir. Alors, le bridge, laissez-vous surprendre !

MCJ : Lol ! Et bien voilà ! Le costume est enfilé ! Il ne reste plus qu’à se mettre au travail ! D’autres passions en dehors du bridge ?

CC : De vraies passions, je ne pense pas que l'on puisse en nourrir beaucoup. Mais le jardinage occupe aussi beaucoup de mon temps : je me sens souvent l'âme d'une vieille anglaise. Aux dires de certains, j'aurais aussi quelques talents culinaires ... Plaisirs beaucoup plus terre à terre !

MCJ : Et bien il ne nous reste plus qu’à nous faire inviter. Merci Corinne d’avoir accepté de faire connaissance et à bientôt pour « développer ».

  

 

 
 

 
Bernard FINGER

Et si nous traversions la frontière picarde ?

 Totalement « dépassée » la frontière lorsqu’il s’agit d’aller rendre visite à nos « colligueurs » normands mais puisque la ligne existe ... Heureusement qu’elle n’est qu’imaginaire, autrement on n’arrêterait pas de se prendre les pieds dedans.

Nous avons donc quitté nos plateaux betteraviers pour parcourir les bocages vallonnés qui courent vers la mer et arriver à Rouen, « capitale du bridge » haut-normand. Et là, qui nous accueille à bras ouverts ? M. Bernard Finger, le Président en personne. Les compétiteurs picards le connaissent tous pour avoir été arbitrés au moins une fois par lui en finale de ligue à Mont Saint Aignan. Quant à ceux qui ne font pas de compétition, et bien c’est le moment de faire sa connaissance.

MCJ : Très cher Bernard, une bien longue histoire que toi et la Haute-Normandie, n’est ce pas ?

BF : Tu ne crois pas si bien dire. Notre histoire a commencé en 1989, date à laquelle j’ai pris pour la première fois la fonction de Président du Comité … dans des conditions difficiles, mais oublions les … J’ai exercé ce rôle jusqu’en 1995 où j’ai été élu à la vice-présidence de la FFB, dans l’équipe de Michel Marmouget, pour le reprendre ensuite en 2002. Et tu peux le constater, j’ai toujours en mains les rênes de la Haute-Normandie. Je n’ai d’ailleurs jamais cessé de travailler pour mon comité, même de 1995 à 2002. L’année 1995 est, pour l’histoire haut-normande, à marquer d’une pierre blanche. C’est l’année où nous avons acheté la Maison du Bridge de Mont Saint Aignan.

MCJ : Ah cette Maison du Bridge que toute la Ligue 02 vous envie ! Dirais-tu que c’est l’œuvre de ton mandat ?

BF : L’œuvre de mes différents mandats, peut être, mais je suis loin d’être tout seul. Le début de cette opération n'a pas été facile et Eric Legros, trésorier du comité à l’époque, m’a beaucoup aidé dans les négociations avec la mairie qui nous proposait l’achat du bâtiment qui hébergeait déjà le club de Mont Saint Aignan. L’investissement étant un peu lourd pour le Comité, l’idée a été de le partager avec le club mais le Président, à cette époque, était résolument contre ! Heureusement, François Gledel a vu tout le bénéfice que pouvait apporter cette opération et grâce à lui nous avons pu conclure le marché. Le bâtiment était en triste état et c’est en plusieurs étapes que nous avons réussi à le rendre ce qu’il est aujourd’hui.

MCJ : Une belle réalisation ! Bravo, bravo !

Les objectifs que tu mets en avant pour le développement de ton comité découleraient, si j’ai bien deviné, de toute l’oeuvre que tu as accomplie de 1995 à 2002 en tant que Vice-Président fédéral, n’est ce pas ?

BF : En partie du moins, tu devines bien. En 1995, soit seulement après six ans de présidence de comité, je suis devenu Vice-Président de la FFB en compagnie de Yves Aubry et de Bernard Liochon (nous étions les trois petits nouveaux du Président Michel Marmouget). Yves Aubry étant incontournable aux compétitions et Bernard Liochon à l’UB, il ne me restait plus qu’à m’occuper du développement et de la communication qui étaient alors les parents pauvres de la FFB. Pour t’en donner une idée, je n’avais le droit, lors des premiers comités directeurs, qu’à tout juste dix minutes de temps de parole en clôture de deux journées de débats ! En plus, ce n’était pas particulièrement mon point fort, le développement et la communication. En trois ans, j ai tout de même réussi à redonner des lettres de noblesse à ce département de la FFB en m’entourant de gens très compétents comme René Beurtey et Jacques Dorfmann et en prenant conseil auprès d’un maître, José Damiani.

Pourquoi je tiens tant à parler de cette époque ? Tout simplement parce que tout ce que j ai mis en place et créé existe encore aujourd’hui. Ce sont des outils que j’utilise bien évidemment pour le développement de la Haute-Normandie mais bien d’autres comités les utilisent également.

MCJ : Et de quoi s’agit-il donc Bernard ?

BF : Et bien, en premier lieu, des tournois d’accession. Tu sais, ces tournois qui permettent aux élèves des écoles de bridge de ne pas être lancés directement dans les tournois de régularité. Ma plus grande réussite sans aucun doute, et j’en revendique la paternité (merci José).

Également, le championnat corporatif, que j'avais commencé à mettre en place en fin de mandat et que mes successeurs ont modifié jusqu’à le dénaturer complètement aujourd’hui.

Enfin, l’organisation de la Semaine Nationale du Bridge en 1997, qui connut un franc succès et qui fut le grand événement du mandat de Michel Marmouget.

Pour le novice que j’étais, j’éprouve beaucoup de fierté au regard du travail accompli. Et je tenais à te le dire car je ne suis pas sûr que mes successeurs, qui en ont profité, aient su le faire fructifier.

MCJ : Je te reconnais bien là Bernard. J’ignorais d’ailleurs que tu étais le « papa » des tournois d’accession. J’ai cru comprendre qu’aujourd’hui tu investissais ton énergie à la réalisation d’un nouvel objectif ?

BF : Oui. Comme tu le sais, nous avons un nouveau Président de la FFB et lors de son programme électoral, il a promis de mettre l’accent sur le développement de la jeunesse. Lors d’un entretien avec lui, je lui ai fait part de mes idées et voilà pourquoi Françoise Chalet s’occupe de la Commission Scolaire et moi de la Commission Cadets-Juniors.

Cela fait déjà un an que je travaille avec un petit groupe et Pierre Saguet, le Vice-Président de l’UB. Je crois que nous avons réalisé un bon travail mais le plus difficile reste à faire : CONVAINCRE les Comités de mettre en place les structures que nous avons proposées ! (Et crois-moi, ce n’est pas de la tarte !)

MCJ : Explique donc Bernard.

BF : Je suis parti d’un constat tout simple : chaque année, nous initions environ cinq mille scolaires et l’année suivante seulement mille trois cents d’entre eux continuent et c’est fini ! Nous ne comptons que trois cent trente cadets et trois cents juniors dans les effectifs de la FFB ! Avec le groupe, nous avons essayé d’apporter une réponse à ce problème, réponse que j'ai présentée au Conseil Fédéral du mois de juin et qui a été adoptée.

Si tu veux, en quelques mots, après avoir cherché à définir avec plus de précision ce que nous appelons « Scolaires », « Cadets » et « Juniors », nous essayons maintenant de convaincre chaque comité de mettre en place une cellule qui regrouperait, sous la responsabilité d’un vice président, l’APR, le Délégué Jeunesse, un enseignant et, si possible, un jeune. Cette cellule travaillerait à la création de clubs « Cadets » pour les enfants ayant suivi le cycle de formation « scolaire » (6ème / 5ème). Un programme d’enseignement bien structuré existe : le livre sort cette semaine.

C’est le projet que je souhaite voir mis en place. Nous avons, avec Pierre Saguet et Benoît Brochu, fait le tour de France pour le vendre. Il ne reste plus qu’à espérer que tout le monde se retrousse les manches. Il nous faut à tout prix rajeunir le monde du bridge. Si nous n’agissons pas rapidement, la branche sur laquelle nous sommes assis et qui s’est profondément fragilisée finira par céder !

MCJ : Tu as malheureusement raison. Espérons que vous réussirez à inverser la tendance avec vos idées nouvelles.

Une dernière question que je me refusais de poser mais que je vais tout de même formuler, ce sera mon clin d’oeil : très cher Bernard, et ces compétitions « Dame » ? 

BF : N’ayant pas encore utilisé mon joker, je l’utilise pour cette question ! (ce qui veut tout dire).

MCJ : lol … mais sais-tu que le seul moyen de faire un bel éloge des femmes c’est d’en dire beaucoup de mal …

Merci Bernard pour ce moment de partage

  

 

 
 

 
Brigitte AVRIL

L’arbitrage se féminise

     Depuis septembre 2005, l’arbitrage en Picardie était entre les mains de Frédéric Mazet. Des mains on ne peut plus sûres tant la gestion des arbitres ainsi que leur formation furent rondement menées. Frédéric a préféré consacrer plus de temps au jeu et abandonne donc sa fonction et toutes les contraintes afférentes, ce qui est légitime. Nous profiterons de cette tribune pour le remercier de tout l’excellent travail qu’il a fait en Picardie. Celui qui donne de bons conseils, construit d’une main. Celui qui donne de bonnes leçons et un bon exemple à suivre, construit de deux mains. Et Frédéric n’a jamais hésité à toujours nous donner ses deux mains. Si nous avons de bons arbitres dans notre comité, c’est avant tout grâce à lui. Un grand merci à lui. Et nos arbitres tâcheront tous de continuer à lui faire honneur.

     Qui donc prend la relève ? Et bien Brigitte Avril. Peut-être bien inutile de vous la présenter puisque vous l’avez certainement déjà rencontrée en tant qu’arbitre lors d’une compétition ou seulement dans son club de Chauny dont elle assure la présidence depuis juin 1996.

MCJ : Brigitte, bonjour. Te voici donc nommée depuis peu Présidente de la Commission Arbitrage en Picardie. Envie de nous faire part de tes impressions ?

BA : A vrai dire, j’ai été un peu surprise que Jean-Claude Thuillier me propose de prendre la relève de Frédéric qui a beaucoup apporté aux arbitres de Picardie.
Mais après réflexion, j’ai accepté, pour perpétuer la cohésion du groupe.
Notre bonne entente à tous est favorable à la bonne ambiance de l’arbitrage et au bon déroulement des compétitions, bonne ambiance qui me tient particulièrement à cœur : le bridge est en effet un jeu qui doit se dérouler dans une atmosphère sereine et l’arbitre est aussi là pour cela.

MCJ : Grande sagesse que voici et un premier bel objectif. D’autres objectifs que tu as déjà définis pour cette toute nouvelle fonction ?

BA : Ce n’est que la rentrée et donc pour le moment rien de bien nouveau ni de bien original. Nous allons continuer dans le sillon de Frédéric car beaucoup de bonnes choses ont été faites avec lui. Mettre l’accent donc sur la formation continue, l’occasion surtout de revoir ensemble tous les problèmes rencontrés lors d’une saison. Entretenir la dynamique de groupe où chacun apporte un petit quelque chose pour faciliter la tâche de ses homologues. Et là bien sûr mettre en avant Patrice Boquillion, notre Directeur des compétitions, et son grand savoir-faire en matière informatique, qui nous a déjà tous sauvés de bien de situations difficiles. Je ne citerai que son petit programme pour l’équilibrage des lignes ou encore celui pour les doubles classements et tous ceux qui sont arbitres comprendront pourquoi son aide peut être très précieuse.

MCJ : Savoir-faire, sur le plan de l’organisation comme sur celui des connaissances, savoir-être, avec ses pairs comme avec les joueurs, tous les ingrédients sont là pour perpétrer de bons arbitres. Le sillon est bon. Mais attention à ne pas le transformer en ornière …  Les projets nouveaux sont vitaux et une permanente dynamique de renouvellement nécessaire. Es-tu d’accord ?

BA : Je suis tout à fait d’accord et prête à recevoir toutes les suggestions. Le « ronron » de l’habitude provoque l’endormissement.
Un manque de vigilance qui peut devenir sclérosant.

MCJ : « Les projets sont les brouillons de l’avenir. » Nous tâcherons de t’envoyer des centaines de brouillons.
Une petite curiosité toute féminine de ma part : quelles sont donc les motivations qui t’ont attirée vers l’arbitrage ? Car rares sont tout de même les femmes qui ont un goût pour ce domaine.

BA : Avant tout une passion pour le bridge en tant que bridge, quelle qu’en soit la facette. Je me suis formée en tant qu’arbitre de club, dans un premier temps, pour faire plaisir au Président du club et puis la suite est venue comme un défi personnel.
Il est vrai que le code en lui-même est un tant soit peu rébarbatif mais j’aime bien l’organisation et les contacts humains avec les joueurs. J’ai plaisir à faire en sorte que tout se passe bien (ou pour le mieux) au sein d’une compétition. C’est pour moi le même challenge qu’une réunion de famille nombreuse où il faut allier sens de l’organisation, bonne humeur et écoute afin que la fête soit belle.

MCJ : Chacun son approche. Il y a autant de motivations que d’arbitres. Tu es aujourd’hui arbitre fédéral. Envisages-tu ou non d’aller un jour au-delà de ce grade ?

BA : J’y pense, mais …

MCJ : Understood. Le club de Chauny, dont tu assures la présidence depuis juin 1996, occupe aussi une belle part de ton emploi du temps hebdomadaire. Comment nous en parlerais-tu afin surtout de le faire connaître à tous ceux dans le comité qui ne le fréquentent pas ?

BA : En tant que Présidente, comment ne pas dire que c’est le club le plus beau, le plus sympa, …, même si tous les autres clubs savent se distinguer aussi. Cela me semble une évidence.

MCJ : Évidemment.

BA : En fait le club de Chauny fait partie des petits clubs du comité. Et l’une de ses spécificités est qu’il est propriétaire de ses locaux, depuis plus de dix ans, ce qui est très agréable, même si cela a un coût. Il est tout de même bon de se sentir chez soi. C’est un club de plain-pied et le stationnement alentour est aisé.
Le premier de nos objectifs est la convivialité. Nous y tenons. Nous nous attachons à procurer du plaisir et ce au plus grand nombre de joueurs possible, sans égard à leur habileté. La bonne humeur est de mise autour de la table et les éclats de rire ne sont pas interdits. Nous avons même une école de bridge mais j’avoue que dans notre région le recrutement n’est pas tâche aisée.
En tous cas, cette année, nous avons eu des résultats très encourageants : quatre participations en finale nationale !

MCJ : Bravo.

BA : Et nous avons une « colo » !

MCJ : Une « colo » ?

BA : Oui, oui, une « colo ». Le club de Chauny organise tous les ans en juillet une semaine de vacances « bridge » à Lamoura, dans le Jura.
C’est une semaine hors du temps, avec ballades, pétanque, spectacles et bien sûr tournois de bridge. Dans la journée, chacun fait ce qu’il veut et les accompagnants non bridgeurs sont les bienvenus. On se retrouve le soir pour les tournois qui font surtout office de liant et qui n’ont pas la contrainte des résultats : il n’y a rien à gagner, si ce n’est le plaisir de jouer.
Lamoura est pour moi comme une colonie de vacances ou règne la bonne humeur. Et le mot d’ordre de cette semaine est la FÊTE.

MCJ : Séduction, séduction. Attention, tu vas susciter chez beaucoup l’envie de s’y rendre l’été prochain. J’espère que vous avez beaucoup de chambres à Lamoura !
Merci Brigitte pour nous avoir ouvert les portes de Chauny. Tous nos vœux t’accompagnent dans tes nouvelles fonctions. Et n’oublie pas : il te faut nous donner tes deux mains.

  

 

 
 

 
Marie COUPEL

Jeunesse. L’âge du possible

     Fille de notre webmaster Harry Coupel, Marie, quatorze ans et demi, est une jolie brune aux yeux bleus, avec le charme d’une légère timidité alors qu’elle ne craint pas grand chose. Vraisemblablement une forme de politesse (ou peut être le résultat de l’opinion exagérée qu’elle se fait du mérite des autres) pour cette jeune demoiselle qui évolue depuis quelques temps dans notre monde de joueurs résolument adultes et pour lesquels elle éprouve une certaine amitié parce que prise comme eux par une même passion, celle du bridge.

MCJ : Bonjour Marie. Heureuse de me promener avec toi sur cette plage du Tréport malgré tout ce vent. Tu as récemment fait la une de notre site parce que tu as gagné avec Pierre Péquery le tournoi annuel du club de Blangy-sur-Bresle dont tu fais partie. Je suppose que cette victoire t’a apporté un grand plaisir…

MC : Oh oui j’ai été très contente et d’autant plus heureuse que j’avais vraiment très envie de le faire ce tournoi. Mais je n’avais trouvé aucun partenaire pour participer… Je m’étais donc résignée à aider mon père à l’arbitrage. Et miracle (du moins pour moi), un joueur s’est retrouvé bloqué sur l’autoroute ce jour là et j’ai joué en dépannage.

MCJ : Sacré dépannage ! On pouvait lire une grande fierté dans le regard de papa. Cela fait combien de temps que tu joues ?

MC : Un petit peu plus d’une année. Comme j’aime les cartes, papa m’a invitée un mercredi après–midi à l’accompagner à son club de bridge. Je me suis assise à ses côtés et je l’ai regardé jouer. C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à ce jeu.

MCJ : Tes premières impressions ?

MC : J’ai aimé. J’ai trouvé ce jeu très intéressant. Peut-être un peu long un tournoi néanmoins… Mais très motivant. Et en sortant, je me suis promise que je reviendrai. Et pas seulement pour faire plaisir à papa. Et j’ai donc continué à tenir mon poste d’observation.

MCJ : Tu t’es longtemps contentée de regarder, pardon, d’observer, puisqu’il s’agit là plus d’une opération de l’esprit que de l’oeil ?

MC : Oh non, papa m’a rapidement mis le pied à l’étrier. Petit à petit, il m’a laissé prendre sa place vers la fin des tournois. Il me laissait prendre mes décisions seule. Lorsqu’elles étaient bonnes, la récompense du bon coup à elle seule suffisait à imprimer la situation dans le « disque dur ». Et lorsqu’elles laissaient à désirer, on retravaillait ensemble les séquences d’enchères ou le jeu de la carte. C’est très formateur d’apprendre à partir de ses erreurs.

MCJ : Ce sont carrément des cours particuliers que tu as eu là. Une grande chance tu sais. Et l’intuition de ta jeunesse. Car « si l’on ne savait que ce qu’on apprend, on ne saurait rien » (Aurélien Scholl)

MC : C’est vrai. Et puis un beau jour, j’ai enfin joué tout un tournoi avec papa.

MCJ : Et cet événement, ce fut quand ?

MC : Il y a douze mois environ, à la fin de mon année de quatrième de collège.

MCJ : Tu ne joues qu’avec ton père ?

MC : Oh non, papa m’a vite lâché la main et m’a dirigée vers d’autres joueurs et joueuses du club. Ils m’ont tous très bien accueillie et je tiens à les remercier ici du fond du cœur. Ils n’ont d’ailleurs pas tardé à me faire entrer dans leurs équipes et c’est ainsi que j’ai également amorcé les compétitions.

MCJ : Tu as même déjà fait de la compétition !

MC : Oui, oui. L’espérance, en paires et en quatre, le dame, également en paires et en quatre, et les interclubs en quatrième division.

MCJ : Et bien on peut dire que tu n’as pas perdu beaucoup de temps. Des résultats plaisants pour ces épreuves ?

MC : Je suis assez contente car j’ai tout de même réussi à me qualifier pour trois finales de ligue, en dame par paires et par quatre ainsi qu’en espérance par quatre, et à une finale nationale en espérance par paires.

MCJ : Waouh ! Tu dois donc déjà avoir bien grimpé dans le classement !

MC : Et bien j’ai atteint le niveau de troisième série trèfle.

MCJ : Félicitations Mademoiselle. Toute cette réussite doit certainement te motiver davantage.

MC : C’est vrai que les circonstances m’encouragent à aller plus loin. Je cherche par moi–même à développer mes enchères, en lisant notamment les polycopiés que prépare Nadine Haudiquer dans le cadre de ses cours. Nadine est la responsable de l’Ecole de Bridge de mon club.

MCJ : Tu vas peut–être t’inscrire à un cours la saison prochaine ?

MC : Non. Je préfère apprendre en jouant.

MCJ : L’instinct spontané et aveuglément fécond de la jeunesse… Comment envisages–tu donc la saison prochaine ?

MC : Je pense que je vais continuer sur la même lancée que celle qui vient de s’achever.

MCJ : Pas envie de jouer avec des jeunes de ton âge plutôt ?

MC : Si cela était possible, je préférerais évidemment. Mais ici au Tréport, je suis forcément un peu isolée. Et cela ne me dérange pas d’être avec des personnes beaucoup plus âgées.

MCJ : Il va falloir que je t’initie au bridge en ligne pour que tu puisses rencontrer des jeunes de ton âge et éventuellement jouer les compétitions « cadets ». Cela te plairait certainement.

MC : Je pense que oui. On pourrait y songer.

MCJ : Entendu Mademoiselle. On va préparer papa à cette nouvelle éventualité. Promis. Et passe de belles vacances.

  

 

 
 

 
Francis DUPUIS

Nouveaux locaux du club des Trois Forêts

     Le 12 mars dernier, au 16 de la rue Guilleminot à Chantilly, ont été inaugurés en grande pompe les nouveaux locaux du club des Trois Forêts. Une journée que nous ne sommes pas près d’oublier tant la fête fut réussie. L’occasion donc de revenir avec Francis Dupuis sur les péripéties de cette dernière naissance.

MCJ : Bonjour Francis. Je suis venue vers toi car, même si tu n’as pas été le seul, tu as consacré beaucoup d’heures à la création de ce nouveau club … Je me trompe ?

FD : Effectivement, nous y avons tous passé beaucoup de temps, et de nombreux week–ends, que se soit pour la conception, la réalisation ou les diverses paperasseries (réglementation, autorisations, … ), pour attendre l’électricité aussi… Chacun a apporté ses compétences, ses capacités, quelques railleries parfois…

MCJ : Vous étiez donc nombreux sur le projet. Indiscret de te demander qui en ont été les grands acteurs ?

FD : Aucune indiscrétion : il faut rendre à César ce qui est à Jules. Maître d’ouvrage et coordinateur des travaux, Paul Roger (nettement meilleur dans ces fonctions qu’au bridge ou à la belote). Un grand bravo et merci. Paperasserie, Luc Robin. Il a su trouver la sortie de ce labyrinthe administratif. Ce n’est pas toujours gagné. Suivi des travaux d’électricité, Daniel Weisenburger. Conception et réalisation du bar, Nadine Lyon et Nestor Bincteux. Carreleur, le fils de l'un de nos membres, Georges Duval. Maçonnerie, Peinture et autres, Jean Paul Gachet. Plombier-Chauffagiste-Plaquiste-Faïence, Bernard Avril (fils de Brigitte, Présidente du Club de Chauny) assisté de A.D.E.S. DECO (mon fils et le fils de l’un de nos membres), la mère Dupuis et moi même. Le chef Grouillot, Jean Seuillerot. Il était là tous les jours pour bricoler, bidouiller, nettoyer, ranger, ordonner les outils, peindre, briquer, poncer, laver et même ... tomber d’une échelle. Certains, ne pouvant pas nous aider physiquement ou par non compétence, nous ont aidés financièrement. Un grand merci à eux aussi. Et puis il y a tous ceux qui nous ont donné un coup de main. Je vais sûrement en oublier, qu’ils me pardonnent, je ne suis que plombier. Jean-Pierre Donolo, Georges Colas, Bernard Gibert, Bruno Coin, Nicolas Besnard, Aude Sinet, les Gandrille, Jean-Yves Sauvageot, Olivier Labbe, les Collignon, Jean Pierre Certa pour le réconfort impératif du dimanche midi.

MCJ : Une bien grande armée, l'on pourrait dire. Chez moi, on dirait : « quelle belle smala ! » Cela vous a–t–il demandé beaucoup de temps ? Ou bien les locaux étaient–ils dans un état qui ne nécessitait pas de trop gros efforts ?

FD : Oh mais on pourrait écrire un livre. Début des travaux, le 15 août 2010, fin des travaux le 1er mars 2011. Nous étions opérationnels le 15 janvier : moquette, peinture, plomberie, chauffage, sécurité, tout était terminé, mais … nous n’étions toujours pas raccordés au réseau ERDF !!!

La première demande de raccordement fut faite par le propriétaire début septembre. Courant novembre, nous aurions dû être raccordés mais … il manquait le plan de masse du bâtiment.

Deuxième paperasse.

On nous apporte le coffret de raccordement, on le scelle.

Début janvier, une pelleteuse, un camion de 3,5 t, une camionnette et du personnel.

Ils ont terrassé, terrassé, terrassé, … pas de câble !!! Qui avait planqué le câble ?????????

Pas de chance, les pauvres gars n’avaient pas le bon plan de recollement du réseau !!!!!!!! Le câble était de l’autre côté de la rue !!!!!

Re paperasse : demande d’autorisation de fermeture de voirie à la mairie de Chantilly, etc., etc., etc. …

Et après maintes péripéties, fin février, enfin, nous consommâmes notre premier kilowattheure.

Cette attente a tout de même eu du bon puisqu’elle nous a permis de fignoler nos travaux.

Etat des lieux au départ : deux murs mitoyens, un mur enterré, une façade, un plafond, un plancher, eau, gaz, tout-à-l’égout, éclairage (raccordé chez le voisin).

Un vide de 1500 m3.

Nous avons tout fait excepté la pause de la moquette et la mise en conformité de l’électricité que nous avons financées ainsi que la mise en conformité d’établissements recevant du public qui, elle, a été financée par le propriétaire.

Le plus dur :

·        Sablage des pierres apparentes : un compresseur, deux sableuses, quatre équipes de trois volontaires par sableuse durant tout un week-end. On n’y voyait pas à trois mètres !!!!!!!!!

·        En ce qui me concerne, le plus dur fut le raccordement du réseau d’évacuation du bar et des toilettes : dalle de 15 à 20 cm d’épaisseur en béton armé. Merci à Jean et à Nicolas pour leur coup de main.

Quelques accidents :

·        Jean Seuillerot tombe d’une échelle – malaise – SAMU – ouf, pas de bobo.

·        Jean-Pierre Donolo passe le pied au travers du plancher d’un échafaudage – ouf, rien de grave.

·        Certainement quelques coups de massette sur les poignets lors de la réfection des joints des pierres apparentes.

Sinon, tout s’est bien passé.

 MCJ : Une bien belle aventure que tu nous racontes là Doudou. Je suis sûre que toute cette histoire a dû tisser de grands liens de camaraderie entre vous. Un bon ciment pour l’accueil, la convivialité et la vie au jour le jour de votre nouveau club.

FD : Effectivement, la présence quasi quotidienne de tous ces bénévoles pendant la période des travaux a créé des liens qui nous motivent encore plus à présent pour que ce club soit le plus convivial possible.

MCJ : En tous cas, la première fois que j’y ai mis les pieds, j’ai été suffoquée par la vétusté des lieux et leur âme car ils ont déjà une âme. Ces pans de murs en pierres apparentes mariés à la rudesse du béton brut et ces toiles au bout de chaque perspective. L’œuvre, je crois, de la fille de l’une de vos membres ?

FD : En effet, c’est la fille de Madeleine Serfass. Elle s’appelle Véronique. Cette exposition donne une chaleur supplémentaire à notre salle. Nous attendons également une exposition de photos qui sera faite par un autre bridgeur, Daniel Lannoye.

MCJ : Très prometteurs vos projets. Merci Doudou d’avoir partagé avec nous cette belle aventure qu’a été la naissance du club des Trois Forêts. Qu’il soit le havre où l’on pourra toujours savourer des relations authentiques. Tel le coin du feu chez un ami auprès duquel on peut se défaire de ses petites vanités et trouver chaleur et compréhension …

  

 

 
 

 
Jean-Claude DOUDET

Aux grandes âmes, les grands challenges !

     Dans son projet électoral de septembre 2010, notre nouveau Président Jean-Claude Thuillier nous faisait part de sa volonté de créer dans le comité des rencontres « intervilles ». Son but n’était pas de mettre en place une nouvelle compétition puisque celles-ci sont légion mais de chercher, dans un souci de développement, à médiatiser davantage le bridge. Il ne fait nul doute que parler dans la presse, à la télévision, d’une confrontation entre deux villes ne peut que se révéler efficace en matière de communication et que dire des élus qui ne peuvent que se laisser ainsi gagner à notre cause. Encore ne fallait-il pas surcharger le calendrier ! Abracadabra et ces rencontres intervilles s’intégreront la saison prochaine au Challenge de Picardie. Pourquoi abracadabra ? Parce que les modalités n’étant encore qu’à l’étude, je ne vois pour le moment que la magie pour faire sortir le lapin du chapeau. Mais il faut faire confiance au groupe de travail qui planche en ce moment sur la question : une magie à preuves et à l’épreuve des balles.

     Et abracadabra au bout de ma baguette, Jean-Claude Doudet, Responsable avec un « R » majuscule de ce Challenge, nous en parle. 

MCJ : Bien le bonjour cher ami ! Depuis combien de temps êtes–vous en charge de l’organisation de ce Challenge ?

JCD : Depuis bien longtemps, 1996 probablement, ... car c'est l'année où commencent mes statistiques. A cette époque, Jean-Paul N'Guyen, alors Président du Comité, m'avait demandé de prendre la suite de mon prédécesseur.

MCJ : Bien longtemps en effet ! Vous me parlez d'une époque que je n'ai même pas connue ... Une notion qui n'est pas toujours bien appréhendée de tous que ce Challenge. Il va falloir que vous nous expliquiez tout ça. Et quelle a donc été votre première initiative dans le domaine?

JCD : Ca, je m'en souviens très bien. Avant moi, il n'existait qu'un règlement non écrit, connu des initiés seulement. Jean-Paul m'avait dit : « essaie d'obtenir le règlement, je ne l'ai pas. » J'ai donc établi un règlement écrit et public, qui a d'abord été intégré dans le « Recueil d'Informations Régionales » du Comité, puis qui a été mis en ligne par Harry Coupel sur le site du Comité lorsque celui-ci a été créé. Ce règlement est mis à jour chaque année dès que la FFB nous communique les dotations annuelles de points de performance et de points d'experts.

MCJ : Vaste entreprise je vois. Et comment pourriez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu'est en fait ce Challenge de Picardie ?

JCD : Je dirais que c'est une course d'étapes. Chaque tournoi d'un club inscrit au Challenge est une étape. Cette année, il va y avoir dix étapes : Sud de l'Oise, Amiens, Fête du Comité (Open et 3èmes et 4èmes séries), Eu, Trois Forêts, Compiègne, Beauvais, Saint-Quentin et Blangy-sur-Bresle. Je dis dix étapes car, avec ses deux tournois, je compte la Fête du Comité pour deux. A ce jour les quatre premières étapes ont été disputées.

MCJ : Bien. Et comment parvenez–vous donc à homogénéiser cet ensemble ? Maïzena ?

JCD : Chaque tournoi attribue des points de challenge à chaque paire en fonction de sa place dans le tournoi et du nombre total de paires. Et le Challenge est le classement général de cette course par étapes puisqu'il additionne les points de challenge de chaque tournoi.

MCJ : Cela me semble clair. Et est–ce que les joueurs apprécient ce type d'épreuve ?

JCD : Si je me réfère aux chiffres, je dirais volontiers que oui. Depuis 1996, nous avons eu cinq fois plus de six cents paires cumulées et cinq fois plus de cinq cents paires. Sur quatorze années, la moyenne se stabilise à 574 paires, ce qui est d'ailleurs, à quelques unités près, le niveau de la participation de la saison dernière.

MCJ : J'ai bien l'impression néanmoins que seuls les joueurs de première série fréquentent ces tournois. Vous parliez de course d'étapes mais on m'a parlé plutôt de « chasse au trésor ». La pêche aux PP !

JCD : Il y a beaucoup de vrai là dedans. Nous avons pourtant mis en place depuis quelques saisons un classement spécial pour les troisièmes et les quatrièmes séries, afin de les motiver davantage, mais cela ne semble pas pousser leur participation à la hausse. Celle–ci reste désespérément stable : 28% depuis trois ans ...

MCJ : Étrange en effet. Peut-être que les points finalement ne les intéressent pas outre mesure.


JCD : Je ne pense pas. Il me semble plutôt que l'intérêt de la participation au Challenge n'est pas suffisamment médiatisé et donc peu connu. Et je profite donc de cette tribune pour rappeler que ce challenge peut être très intéressant pour les troisièmes et quatrièmes séries à la recherche de points d'expert. En effet, le premier du classement final spécial 3èmes et 4èmes séries empoche tout de même 3000 PE.

MCJ : Vous serez entendu, n'en doutez point. Et si l'on parlait des rencontres « intervilles » ! Avez–vous déjà une idée assez précise de l'intégration de ces rencontres dans le Challenge ou est-il encore trop tôt pour en parler ?

JCD : L'organisation des intervilles est en cours. Je ne m’aventurerai pas à vous donner un avis sur un plan strictement réglementaire car ce n’est pas mon domaine. Je laisse ceci à Patrice Boquillion.

En revanche, en ce qui concerne l'intégration du projet dans le challenge, l’étude avance. Chaque "journée d'intervilles" sera considérée comme un tournoi du challenge et sera dotée d'un nombre de "points de challenge" total équivalent à celui d'un très gros tournoi, comme celui de la fête du comité. Ce total sera ensuite réparti entres les rencontres, proportionnellement au résultat du match, aux indices des équipes et au nombre de donnes jouées. En fait, on pourrait dire plus prosaïquement que le barème est établi de façon à ce qu'une équipe de D1 qui gagnerait son match avec 25 points de victoire obtienne sensiblement autant de "points de challenge" que si elle avait gagné un tournoi par paires de l'importance de la fête du comité. Puis ces "points de challenge" attribueront des points d'expert et des points de performance à l'issue du classement final.

MCJ : Tout ceci me semble bien ficelé déjà et le projet est « emballé » puisque les futurs participants y trouveront leur compte en PP. Vous me parliez de D1. Il y aura donc plusieurs divisions comme dans les Interclubs ?

JCD : Dans le projet qui n'est pas encore définitif, il y aurait effectivement plusieurs niveaux d'équipes. Les vingt clubs du comité seraient classés en cinq groupes. Les quatre clubs les plus importants (en nombre de licenciés) pourraient inscrire cinq équipes (une dans chacun des cinq niveaux prévus). Les quatre clubs suivants pourraient inscrire quatre équipes (une dans chacun des quatre niveaux prévus). Les quatre clubs suivants pourraient inscrire trois équipes. Les quatre clubs suivants pourraient en inscrire deux. Et les quatre plus petits clubs, une équipe seulement. Dans chaque groupe de quatre clubs et dans chaque niveau, les (ou l') équipe(s) d'un club rencontreront les (ou l') équipe(s) des trois autres clubs : une rencontre à domicile, une à l'extérieur et la troisième dans le même lieu pour tous les participants.

Ce projet n'est pas encore totalement "ficelé" et des aménagements sont encore possibles.

MCJ : Certes, certes … Mais vous nous en avez donné une vue d’ensemble assez précise cependant. Et comme c’est parti, Il n’y aucune raison que ce projet capote. Il n’y a échec que si l’on ne commence pas par rêver. Et lorsque l’on rêve à plusieurs, c’est déjà une réalité. Merci Jean-Claude pour tous ces éclaircissements.

  

 

 
 

 
Patrice BOQUILLION

Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver !

Dans les pays développés, la neige, me semble-t-il, se doit de tomber exactement aux endroits marqués par les stations de sports d’hiver. Et pourtant, rébellion, que nous a-t-elle fait vivre le week-end des 4 et 5 décembre derniers et tout le mois durant d’ailleurs !

Début décembre étaient organisés les premiers tours des compétitions Interclubs de cette saison, avec cinq centres d’épreuves, soit Amiens et Chantilly pour la division 4, Compiègne pour la division 3, Beauvais et Saint Quentin pour la division 2. Quatre–vingt–dix-neuf équipes attendues au total. Un certain nombre d’entre elles espéraient que le Comité décide de tout annuler et reporter les demi-finales ou finale à une date ultérieure. Mais il n’en fut rien. Comme le joueur de bridge est presque par définition d’un tempérament joueur et qu’il connaît bien les situations de prise de risque, soixante-dix équipes, soit plus des deux tiers se sont présentées dans les centres de qualifications. Un grand bravo pour ces belles estimations puisqu’aucun accident n’a été déploré. Vingt-neuf équipes ont déclaré forfait. C’était leur droit le plus strict.

Patrice Boquillion, que vous connaissez tous, a accepté de sortir de sa réserve habituelle pour expliquer les paramètres qui orientent les prises de décision du comité en matière d’intempéries.

 

MCJ : Bonjour Patrice. Merci d’avoir gentiment accepté de répondre à mes questions. Je n’en reviens pas encore. Depuis le temps que je ne cesse de te courtiser pour une interview …

PB : Pourquoi je sors de ma réserve habituelle ? Mais parce que le travail que nous a occasionné l’épisode neigeux des 4 et 5 décembre, qui a eu la mauvaise idée de tomber en même temps que les épreuves d’Interclubs, mérite que l'on explicite nos décisions et nos positions.

MCJ : C’est bien ce que je pensais : je ne me faisais aucune illusion sur un nouveau charme de ma part qui aurait pu te convaincre de sortir de l’ombre. Tu parles de “travail occasionné”. Peux-tu expliciter ?

 PB : Rien de bien extraordinaire puisque ce travail est dû, mais je tenais à le souligner. Nous avons mis en place une cellule de crise que Claude Lerosey, le Responsable des compétitions Interclubs, a supervisée. Cela nous a permis de gérer les forfaits et de faire en sorte que toutes les épreuves commencent à l’heure et ce, dans le respect le plus scrupuleux du règlement.

Je profite d’ailleurs de l’occasion qui m’est donnée de féliciter tous les acteurs de cette cellule et de remercier tous les joueurs qui ont participé envers et contre tout aux épreuves.

MCJ : Et cette cellule de crise n’a eu que des forfaits à gérer ? Je m’étonne …

PB : Évidemment que non. Il a souvent fallu (et même à maintes reprises) répondre aux joueurs voulant se renseigner sur le maintien ou non des épreuves. Et je passe pudiquement sous silence toutes les questions qu’il a fallu traiter concernant les diverses propositions d’organisation dont certaines ont même eu l’avantage de nous faire sourire tant elles étaient originales (annulation des épreuves, qualifications d'office, mise en place de sessions de rattrapage, …). Je dois dire qu’on en est arrivé à avoir à certains moments un sentiment de ras le bol. Je le rappelle, les différents responsables et moi-même ne sommes que des bénévoles et certaines propositions devenaient difficilement acceptables.

MCJ : Il faut reconnaître cependant que les conditions météorologiques étaient plutôt difficiles …

PB : Je ne le nie pas et reconnais que certains secteurs ont été très touchés. C'est avec une grande appréhension que j’ai décidé de maintenir les épreuves bien que les risques fussent souvent réels. Mais est ce vraiment un événement incroyable qu'il neige en période d'hiver dans notre zone géographique ?

Et a-t-on le droit de supprimer une épreuve à chaque caprice du temps. Sachant que dans la période du 11 octobre au 22 mai on n'a pas une semaine (exceptées les semaines de vacances) avec moins de trois épreuves fédérales prévues ?

MCJ : Oui mais, Patrice, il s’agissait tout de même d’une alerte orange …

PB : C'est vrai, mais les alertes préfectorales sont courantes et seront de plus en plus fréquentes et donc de moins en moins pertinentes. La peur de la mise en examen oblige les Préfectures et Météo France à ces procédures : plus personne ne veut engager sa responsabilité et tous font en sorte que le risque soit proche de zéro.

Je rappelle qu’une alerte orange n’est en aucun cas une interdiction de circuler mais seulement une invitation à être hyper-vigilant et c'est pour cette raison qu'il est de la responsabilité de chacun de décider de prendre ou non la route pour participer ou non à une épreuve.

MCJ : Si j’ai donc bien compris, chaque fois qu’il y aura une alerte orange, ce n’est même pas la peine d’appeler le Comité ! On le sait déjà, les épreuves ne seront pas annulées.

PB : C’est le principe que j’applique depuis dix ans et qui a été confirmé, après débats, par la décision du Bureau Exécutif du 16 décembre dernier : à l’unanimité, le Bureau a décidé qu’il n’y aurait annulation d’épreuves qu’en cas d’alerte rouge (interdiction de circulation pour les véhicules légers sur toute la région).

Mais, quoi que pensent certains de mon intransigeance, je suis réaliste et en mesure d’annuler des épreuves dans des cas extrêmes :
- s’il y a impossibilité physique pour les compétiteurs d’accéder au local où doit se dérouler une compétition
- si le nombre d’équipes présentes est inférieur au nombre de qualifiés pour la phase suivante
- si le nombre de compétiteurs présents ne permet plus d’assurer la régularité de l’épreuve.

C’est d’ailleurs bien ce qui se pratique assez couramment dans le cadre de certaines qualifications en promotion : lorsque les inscriptions sont insuffisantes pour permettre qu’une épreuve se déroule dans des conditions régulières, l’épreuve est annulée.

MCJ : Je te trouve bien dur tout de même. Et pourquoi cette intransigeance vis à vis des équipes « forfait » ?

PB : Si je te comprends bien, tu voudrais en fait que j’autorise ces équipes à pouvoir accéder à des épreuves de rattrapage … Je trouverais indécent de favoriser des joueurs au détriment d’autres qui auraient pris la précaution de partir avant le phénomène météorologique programmé ou qui auraient pris un risque calculé pendant ce même phénomène.

Tu le sais, la décision du forfait est laissée à l'appréciation des joueurs. Imagine que ceux-ci commencent à intégrer dans leur esprit la possibilité d’épreuves de rattrapage … et bien, fini le maintien des dates du calendrier et même, douce ironie, peut-être l’impossibilité de boucler certaines épreuves … Ce serait trop irresponsable d’ouvrir une telle porte …

MCJ : C’est vrai que l’on peut voir les choses sous cet angle aussi …

PB : Mais je ne trouverais jamais anormal qu’un joueur prenne la décision de déclarer forfait. C'est un droit qui est réglementaire. Tant que la décision est prise dans un délai raisonnable permettant aux responsables d’épreuves de pouvoir prévoir un remplaçant ou de refaire une mise en place afin de ne pas pénaliser les compétiteurs présents ...

MCJ : J’ai bien entendu ton message. Et le jour où des épreuves seront annulées, comment comptez-vous procéder ?

PB : La décision d'annuler sera prise le plus tôt possible. Et une cellule de crise sera mise en place afin de prévenir les joueurs, en commençant par les capitaines (la preuve a déjà été faite de l'efficacité de la procédure, éliminatoire de cette saison et le dame par paires il y a un an).

En cas d'annulation, une solution sera mise en place, solution qui sera fonction de plusieurs paramètres : existence d'autres centres et/ou d'autres dates, voire en dernier ressort une qualification d'office.

MCJ : Et bien grand merci Patrice pour toutes ces explications. « La météo c’est à quoi on s’attend, le climat c’est ce que nous obtenons. » (Robert Heinlein). Avec un certain positivisme, gageons qu’il fera toujours beau chez nous en Picardie.

 

 

 
 

 
Francis PERRIEN

L’aventure est au coin de la rue

L’équipe « Compétitions » du Comité de Picardie a accueilli cette saison un nouveau bénévole, Francis Perrien, qui est également vice-président du club de Creil. Francis remplace à la tête des compétitions promotion par paires Bernard Gagneur qui a souhaité se retirer après un grand nombre d’années consacrées à cette fonction.

 

MCJ : Bonjour Francis. Te voici donc depuis trois mois au poste de responsable des compétitions par paires au niveau promotion. Tes impressions, maintenant que tu es un peu plus dans la peau de ce nouveau personnage ?

FP : Tout d’abord je remercie le Comité de Picardie de la confiance qu’il m’a témoignée en me confiant cette tâche et je remercie également mon prédécesseur, Bernard Gagneur, pour tous les conseils avisés qu’il m’a donnés. Je ne t’oublie pas non plus pour l’aide que tu m’as apportée et que tu m’apportes encore.

Trois mois, le recul est encore faible, mais ce qui me vient à l’idée en premier, c’est que lorsque l’on s’assoit à la table pour participer à une compétition, on n’imagine pas la somme de travail effectuée en amont avec sa complexité et ses intervenants.

J’éprouve aussi une certaine satisfaction car je considère que lorsque l’on a la possibilité de s’adonner à une activité, il est naturel de donner un peu de soi-même pour aider la structure qui nous permet de la pratiquer.

MCJ : Je suis heureuse de te voir souligner la somme de travail à réaliser pour l’organisation d’une compétition car je tiens à mettre en avant le dévouement de tous les bénévoles qui s’y consacrent. Comme tu le dis, ce n’est pas rien ! Et que les insatisfaits se taisent donc.

Que peux-tu nous dire de ces trois mois de travail ?

FP : Pas grand chose encore. Uniquement des demandes, pour s’inscrire, se désinscrire, changer de partenaire, savoir si le tournoi a bien lieu, savoir si les inscriptions ont bien été prises …

MCJ : La routine donc. Que cela dure. Et ta position quant aux principes généraux de notre organisation en promotion, soit une démultiplication des centres de qualification ainsi qu’une conjonction des finales de comité et des finales de ligue ?

FP : Comme tout système, il possède des avantages et des inconvénients, notamment la démultiplication des centres. D’un côté, cela permet à beaucoup de joueurs de participer, ce que certains ne feraient sans doute pas s’ils devaient se déplacer loin de chez eux. De l’autre, cela entraîne des annulations de dernière minute par manque de combattants et tous les candidats ne peuvent se réinscrire ailleurs. Je pense que l’avantage l’emporte sur l’inconvénient. Il conviendrait peut-être que les organisateurs d’éliminatoires à faible nombre d’inscrits anticipent plus tôt le problème du trop petit nombre de joueurs pour permettre à ceux-ci de trouver une session de remplacement ailleurs.

MCJ : Cette anticipation serait en effet un grand plus dans l’organisation …

FP : Quant à la conjonction des finales de comité et de ligue, je n’ai encore aucun recul pour donner un point de vue. Je pense qu’organiser des finales de comité et de ligue séparées poserait peut-être des problèmes de dates …

MCJ : Il est sûr que le calendrier s’alourdirait mais là n’est pas le but premier de la manœuvre qui est surtout d’éviter de trop grands déplacements aux joueurs puisque ceux-ci ne dépassent jamais les frontières de leur comité, ces finales se jouant en simultané dans chacun des comités de la ligue.

Peut-être trop tôt pour te demander si tu as eu l’occasion de jeter un œil sur l’évolution de la participation depuis que ces finales ont été mises en place ?

FP : Non, pas du tout, au contraire. C’est un aspect sur lequel je me suis déjà penché avec intérêt. Impossible de gérer un domaine quel qu’il soit sans étude de chiffres. En cette fin de novembre, les taux de participation sont au plus égaux à ceux de la saison dernière et bien souvent en nette baisse. Peut-être faudrait-il relancer les clubs pour inciter les joueurs à s’inscrire …

MCJ : Si je comprends bien l’érosion continue. Des idées précises quant à une politique dans ce domaine ?

FP : Je pense que les responsables des clubs doivent inciter les joueurs à participer aux compétitions, même si tous n’ont pas le goût pour cela. Il faut mettre en avant que c’est en rencontrant des joueurs différents de ceux auxquels ils sont habitués qu’ils feront des progrès. A titre d’exemple, nous avons désigné à Creil depuis cette saison une personne chargée de relancer les bridgeurs pour qu’ils participent aux diverses compétitions « promo ». Nous avons aussi mis en place une petite incitation financière par le remboursement en fin d’année de 5 € pour chaque compétition qui aura été jouée. … Et bien sûr, les efforts dans le domaine du recrutement de nouveaux joueurs est aussi un moyen de lutter contre la baisse des compétiteurs. Lapalissade, me diras-tu. Tant pis, je tiens tout de même à le préciser.

MCJ : Mais non, mais non …

FP : Je m’aperçois aussi que les annulations de dernière minute pour manque de participants ont un effet direct sur la baisse du nombre de joueurs inscrits et un effet pervers car cela n’encourage pas l’année suivante les joueurs qui ont retenu une date dans leur agenda et voient la compétition supprimée à se réinscrire.

MCJ : Et oui, tu as raison. L’effet est bel et bien pervers. A revoir peut-être le découpage géographique de nos différents secteurs …

Je te vois très investi dans le bridge. D’autres domaines pour lesquels tu te passionnes également ?

FP : Oui, les Échecs, depuis plus de trente ans, la randonnée et les voyages en routard, la lecture.

MCJ : Attention, tu me donnes le vertige. Les échecs, des performances particulières à nous rapporter ?

FP : Aucune, juste joueur de club moyen mais passionné.

MCJ : Et les voyages ?

FP : Il y en a beaucoup mais celui qui nous a sans doute plu le plus c’est le Pérou. Cet été, nous partons en Argentine, le Nord-Est (Iguazu) et le Nord-Ouest (Les Andes). Jamais de voyage organisé, rien de tel que l’aventure, raisonnable bien sûr.

MCJ : Je n’ai jamais joué avec toi mais avec tout ce que je peux retenir de tes propos, je commence à entrevoir comment tu pourrais jouer. Je ne serais pas contre un petit tournoi en face de toi. Et merci Francis de m’avoir accordé de ton temps.

 

 

 
 

 
Geneviève BRICE

Le nouveau chantier du Santerre

L’Assemblée Générale du club de Roye du 24 juin dernier a élu une nouvelle Présidente.
Rencontre avec Geneviève Brice qui succède à Marcelle Quillet à la tête de ce club. 

MCJ : Bonjour Geneviève. Vous êtes donc la nouvelle présidente du club de bridge de Roye. Depuis quelle date exactement ?

GB : Depuis le 24 juin 2010 exactement… Marcelle Quillet, qui s’occupait du club depuis un grand nombre d’années (douze très exactement), voulait passer la main. Voilà pourquoi.

MCJ : Les raisons de cet engagement ?

GB : Les candidats ne se bousculaient pas ! ! ! Cela faisait dix ans que j’étais vice–présidente et c’est ce qui, je pense, m'a aidée dans ma décision de passer à la présidence. De par mes responsabilités professionnelles, communales et même paroissiales, je suis d’un caractère assez entreprenant et cette nouvelle tâche me plaisait assez bien. Je suis aussi d’une nature très ouverte. J'ai donc accepté la place. Mais j’ai pris soin de m'entourer de personnes compétentes car la gestion d’un club est avant tout un travail d'équipe. Et c’est ensemble que nous tâcherons avant tout de conserver l'esprit sympathique et convivial de notre petit club.

MCJ : Voilà un bien bel objectif ! Un premier grand chantier en ce début de présidence ?

GB : Un grand chantier, oui certainement. A peine élue Présidente, "on" m'a gentiment soufflé qu’un club de bridge sans école est un club qui se meurt… Alors je me suis investie dans ce grand projet de création d'une école à Roye ! Notre club existe depuis une vingtaine d'années et nous avons voulu organiser des cours pour agrandir l'éventail des joueurs, attirer de nouvelles têtes en vue de grossir les effectifs. Nous disposons de quatre monitrices au club et inutile de les convaincre de prendre en charge avec beaucoup d'intérêt les nouvelles recrues qui seront accueillies tous les mercredi de 14h00 à 16h30. La première journée de cours vient de s’achever : nous avons eu l'agréable surprise d'avoir onze personnes dont six complètement débutantes. Les cinq autres, qui sont déjà membres du club, se sont inscrites en perfectionnement. Le journal local nous accordera prochainement un petit article publicitaire (avec photos) et j'espère bien que le "bouche à oreille" fonctionnera à Roye et ses environs… On croise les doigts…

MCJ : Une belle initiative qui ne manquera pas de développer votre structure dans le futur. Et vos joueurs, n’en ferez-vous que des bridgeurs « de salon » ou est-ce que vous pensez les motiver également pour la compétition. Je me souviens d’une époque où le club de Roye était un centre important pour les épreuves fédérales en promotion…

GB : Il est certain que nous avons créé une école de bridge dans le but d’étendre les structures de notre club mais je réalise aussi que "motiver les troupes" pour la compétition est également un élément de développement : il n’y a pas meilleur ferment à la fidélisation. Cela relève néanmoins du parcours du combattant presque ! Je constate cette année avoir eu un nombre appréciable d’inscriptions aux compétitions en "honneur" mais en "promotion", ce nombre est encore bien fragile… Certaines équipes ont dû abandonner faute d’avoir réussi à se compléter. C’est dommage ce manque d'intérêt et je le regrette. J’espère cependant, avec l’ouverture d’un nouveau « grand chantier » la saison prochaine, que nous parviendrons à booster suffisamment nos nouveaux joueurs à la compétition.

MCJ : Est-ce que l’on peut entrevoir-là la mise en place d’un nouveau centre de qualification en promotion ainsi qu’en espérance ?

GB : Oh non, du moins pas dans l’immédiat. Nous préférons dans un premier temps "engraisser" nos effectifs. Ce n’est qu’alors que nous pourrons éventuellement envisager l’organisation de compétitions chez nous. Nous verrons dans quelques années…

MCJ : Inch’Allah. A vous, Roye, de marquer votre territoire et de provoquer les conditions pour y survivre. Aménager, déplacer, construire des stratégies, démolir, réparer, restaurer. Bâtir le terrain pour que votre club puisse exister et se développer. Mettre en chantier. Prochaine rencontre donc dans quelques années pour le futur centre de qualification. Et merci de m’avoir accordé de votre temps.

 

 

 
 

 
Jean-Claude THUILLIER

Pour une prochaine génération et non pour de prochaines élections

MCJ : Jean Claude, bonjour. Tu viens d’être élu lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 26 septembre dernier nouveau Président du Comité de Picardie, ce dont je te félicite. Quels sont donc tes sentiments de ce nouvel état de fait ?

JCT : Quand on propose sa candidature à un poste électif, on ressent toujours beaucoup de plaisir quand elle est couronnée de succès.
Cependant ce n’est qu’une première étape et tout reste à faire. Il faut mériter la confiance qui a alors été placée en vous.
Au sein du Comité de Picardie, il existe une excellente équipe qui participe à son animation depuis plusieurs années. J’en profite pour la remercier du travail déjà effectué mais aussi pour l’aide qu’elle va m’apporter et lui demande de bien vouloir continuer cette mission avec moi.
Je pense également à notre Présidente de 2001 à 2010, Martine Baraton, qui a fait un travail remarquable. Il règne au sein du comité un excellent état d’esprit et elle a fait l’unanimité tant au sein de notre association qu’au niveau également de la Fédération.

MCJ : Et quelles ont donc été les raisons qui t’ont poussé à présenter ta candidature pour ces élections ?

JCT : Suite à ma cessation d’activités professionnelles, je m’étais donné un certain nombre d’objectifs d’investissement personnel. Je ne voulais pas entreprendre trop de choses ne sachant pas l’occupation que cela me donnerait. Je voulais également faire un break dans le domaine du bridge (pas cependant dans la pratique). J’ai néanmoins repris très rapidement l’enseignement du bridge et des responsabilités en tant que Président dans une association organisant des camps d’été bridge pour les jeunes. Ceci à la demande de et avec Joséphine Flavigny qui est connue et reconnue au niveau national dans son investissement au bénéfice des jeunes.
Martine Baraton m’a sollicité à diverses reprises. Comment lui refuser !
Après un an d’expérience dans ma nouvelle vie, j’ai constaté pouvoir disposer de temps libre.
Mon investissement antérieur en tant que Président du Comité avait été également réduit dans le temps puisque j’avais simplement terminé le dernier mandat de Jean Paul N’guyen (environ un an) et commencé le suivant sans le terminer (environ deux ans).
Enfin prendre cette responsabilité, c’est aussi pour moi mettre en pratique certaines idées que je me suis forgées au cours de mon expérience à la Fédération et retrouver des amis qui, comme moi, veulent œuvrer pour développer encore plus cette discipline qui nous est chère.

MCJ : Bien légitime tout ceci. Comment éviter de te demander quel sera ton programme ? C’est une question à laquelle tu ne pourras échapper, et non.

JCT : Lors de la présentation de ma candidature, il m’a bien fallu l’exposer déjà. Comment se présenter en tant que « leader potentiel » si l’on n’a pas en tête un projet déjà mûrement réfléchi ? On peut en résumer les points forts comme suit :
- La volonté de relancer le bridge « jeune » au sein du Comité.
- L’objectif de dynamiser nos clubs avec la mise en place d’un challenge et la création d’une école de bridge dans chaque club ; des indicateurs permettront de récompenser les clubs qui s’investiront au maximum dans le développement du bridge et qui obtiendront des résultats.
- La création d’une nouvelle Compétition Comité « Inter-villes » qui devrait permettre de créer des contacts efficaces avec les élus locaux et de faciliter la médiatisation du bridge au niveau local et ainsi créer du développement.
- La mise en place de « recettes » pour augmenter la participation des niveaux « promo » et « espérance » dans les compétitions fédérales.
- Tout cela en continuant à maîtriser les coûts et à offrir à nos licenciés des compétitions à des prix très raisonnables.
- Et en conservant l’État d’Esprit de qualité qui existe au sein de notre Comité.

MCJ : « État d’Esprit de qualité » ? Peux–tu développer …

JCT :   Je mettrai derrière ce vocable plusieurs éléments :
- L’absence de recherche d’intérêts personnels sur le plan financier : ainsi beaucoup de postes clefs sont tenus par des personnes dont le seul but est d’aider au fonctionnement de notre association, je pense entre autres à toute l’organisation des compétitions qui se fait en équipe et sans aucune personne rémunérée.
- L’ambiance qui règne lors des compétitions, c’est pour cela que beaucoup de bridgeurs de comités riverains viennent participer à nos compétitions.
- Le peu d’affaires traitées en CRED qui constitue un indicateur sur le comportement de nos joueurs.
- Les échanges lors des réunions de nos structures où chacun exprime son idée dans le respect des autres.
- Une fête du Comité avec une bonne participation.
Voilà quelques points mais ceci n’est pas du tout exhaustif …

MCJ : Tout ceci est bien vrai et c’est ce qui fait la qualité de notre comité, qualité d’ailleurs que d’autres nous envient et qui nous est même reconnue au plan national. Tu comptes bien la pérenniser, n’est ce pas ?

JCT : Bien entendu, cela me paraît important et même primordial. Dans mon programme, je n’ai pas évoqué la convivialité parce que je ne pense pas que cela soit un problème au sein du comité mais si certaines actions permettent de l’améliorer encore et de sensibiliser les plus compétiteurs, je serai partant immédiatement. Deux formes de bridge existent, celui de compétition et celui que l’on pourrait qualifier de « sociétal ». Il est nécessaire que les deux formes vivent en osmose. Le bridge de compétition, qui a toute sa place dans notre discipline, n’existerait pas sans nos bridgeurs de clubs et cela n’est en aucun cas péjoratif. Le bridge vit grâce aux clubs et à ses adhérents, il ne faut jamais l’oublier.

MCJ : J’ai cru comprendre qu’en dehors du bridge tu avais pris en charge d’autres responsabilités. Serait-il indélicat de ma part de te demander d’en parler ?

JCT : Non pas du tout. C’est surtout dans le domaine de la gestion des collectivités que je me suis orienté. Lors des dernières élections municipales, en 2008, j’ai brigué un mandat au sein du Conseil Municipal de ma commune Morienval. J’assure actuellement la fonction de premier adjoint. Ceci me permet de m’investir à nouveau dans ma formation initiale et mon activité de plus de trente ans. En effet nous venons de terminer la construction d’une nouvelle école primaire avec une touche environnementale, l’énergie solaire, et nous entreprenons maintenant la construction d’une nouvelle station de traitement des eaux en partenariat avec une commune limitrophe. A cette responsabilité, il faut associer celle de siéger à la Communauté de Communes du Valois et des pays du Sud de l’Oise.
J‘ai conservé la mission de trésorier de la CLE (Confédération des jeux de loisir) mais suis déçu du manque d’investissement des fédérations la composant.
Voilà la liste à laquelle il faut ajouter la Présidence de l’ABEL (Association pour le Bridge Educatif et Ludique) et le plaisir que j’ai à enseigner auprès de mon groupe de Pierrefonds.

MCJ : Ouitche ! Crois-tu qu’il te restera un peu de temps pour tes loisirs ?

JCT : Pour moi, ces différentes responsabilités font partie des loisirs. Alors que l’activité professionnelle implique de nombreuses contraintes, celles-ci sont quand même réduites et sont tout à fait acceptables dans des activités que j’ai choisies.
Bien entendu, à cela, j’ajouterai en priorité la pratique du bridge et la lecture (je m’intéresse particulièrement à l’histoire) ainsi qu’un peu de sport (marche, cyclisme et natation) et sans oublier la famille avec trois petits enfants Ophélie 14 ans, Hugo 9 ans et Matéo 2 ans.

MCJ : Épatant de savoir que nous sommes entre les mains d’un grand-père. « Chaque génération se révolte contre ses pères mais se lie d’amitié à ses grands-pères. » La vie sera rose. Merci Jean-Claude de m’avoir accordé un peu de ton temps

 

 

 
 

 
Martine BARATON

Arrivederci

MCJ : Et bien nous y voilà… Il va me falloir te dire au-revoir… Une interview que j’espérais faire le plus tard possible et à laquelle je suis bien obligée aujourd’hui de me livrer. Martine, il est donc pour toi l’heure de nous quitter ?

MB : Oui. Neuf ans déjà ! Et neuf ans c’est bien. Mais je n’envisage pas pour autant de disparaître du paysage bridgesque picard.

MCJ : Un sacré bail en effet qui explique que tu aies voulu renouveler un peu les cadres. Difficile d’éprouver des habitudes si ce n’est par le changement.

Et de ces années de présidence, quels sont donc les points que tu mettrais volontiers en avant ?

MB : Avant tout l'esprit d'équipe qui règne au Bureau Directeur. Aucune dissonance. Chacun oeuvrant avec beaucoup de sérieux pour une gestion toujours améliorée du Comité. Bonne ambiance donc, qui se ressent aussi parmi les joueurs et j'en veux pour preuve les bridgeurs toujours plus nombreux, y compris en promotion et en honneur, qui viennent des comités voisins pour s'inscrire chez nous.

MCJ : Serions–nous donc une terre d’accueil malgré nos pluies et nos brouillards ?… Normal, notre sol est jonché de sourires et j’ose même le dire avec le plus grand des sérieux… Ceci était un « avant tout ». Il y a donc des « après » aussi.

MB : Je vois que tu me pousses dans mes retranchements.
Bien sûr il y a l'amitié tissée au fil des années, la découverte de personnalités inattendues, attachantes. C'est pourquoi prendre congé est un art difficile et amer...
Mais nous abordons ici un registre trop personnel.

MCJ : Des points négatifs durant ces neuf années ?

MB : Le développement ! Malgré toutes les actions entreprises au Comité avec le soutien sans faille des clubs, nous peinons à faire croître le nombre de licenciés. C'est un vrai challenge.
Le bridge peut apparaître comme un jeu austère. Les mêmes mots reviennent de façon récurrente de la part des non-initiés : difficile, compliqué, trop sérieux, etc... L'aspect ludique n'apparaît que plus tard.
C'est un des obstacles majeurs que nous devons essayer de dépasser. C'est pourquoi le coeur de cible que nous devons « viser » est la génération des 40/55 ans plus apte à entreprendre des efforts. 

MCJ : Nous avons pourtant enregistré cette saison un accroissement de 7%…

MB : Ce bon résultat est dû pour l'essentiel à l'opération « Bridger Ensemble » du 1er octobre dernier. Il faut attendre les retombées la saison prochaine avant de crier cocorico. Cela dit notre Comité est arrivé second au classement national pour la participation à cette opération de promotion.

MCJ : Je vois… Tu vas retrouver du temps libre maintenant  car cette fonction de Présidente a dû te demander une présence de tous les instants, n’est-ce pas ?

MB : Tu peux sourire et comme je ne crains pas les oxymores je dirais que ma présence a été épisodique en continu.

MCJ : Il est vrai que nul n’est irremplaçable mais y aura-t-il au moins un volontaire pour reprendre les rênes du comité ?

MB : Nul doute que je ne serais pas partie sans avoir en perspective un remplaçant de valeur susceptible de plaire au plus grand nombre et décidé à relever les différents défis qui se profilent à l'horizon du bridge. Ce parcours m'a apporté beaucoup de satisfactions et je souhaite de tout coeur qu'une autre personne connaisse les mêmes joies.

MCJ : Aucun nom donc pour le moment. Si je comprends bien, il nous faudra attendre une ou des candidatures officielles. Et bien attendons et merci Martine pour ces quelques mots. Ciao, ciao… 

 

 

 
 

 
Catherine LECLERCQ

Prima Donna

Catherine Leclercq
1P, première dame du Comité de Picardie, 53ème au niveau national
Vice-présidente du même comité
Présidente du club d’Amiens
Quatre enfants et huit petits enfants
Directrice Régionale à la retraite d’un laboratoire pharmaceutique

MCJ : Bonjour Catherine. Et toutes mes félicitations. Comme à l’habitude, tu viens de remporter avec ton équipe le titre de « Championnes de Picardie » en Quatre Dame Excellence. Heureuse ?

CL : Bien sûr. Même si cela a été un peu difficile, nous avons gagné ! C’est le principal.

      
Le bonheur de notre équipe qui réussit me fait vraiment plaisir !

MCJ : Je viens vers toi parce qu’en ces temps où l’on parle beaucoup des compétitions « dame », tu es pour moi la femme du comité la plus représentative de la catégorie. Depuis que je suis en Picardie, je ne vois que toi à cette place. Longtemps que tu es dans le bridge ?

CL : Mes parents jouaient au bridge. J’ai commencé par les regarder (kibbitzer maintenant) … J’ai participé à mon premier tournoi à Lille avec un ami ; c’était la première fois que nous jouions ensemble et nous avons gagné ! Nous étions très fiers, mes parents aussi.

       Aux innocents les mains pleines ! J’avais dix-sept ans ; c’est loin …

MCJ : Tu n’as pas attendu longtemps pour faire tes preuves, je vois. La saison prochaine, la FFB organisera les finales « dame » en semaine, avec incitation pour les ligues et les comités à faire de même. Qu’en penses-tu ?

CL : Évidemment, je le reconnais, je préférerais les compétitions « dame » en semaine puisque je suis maintenant à la retraite. Mais je pense aussi aux femmes qui travaillent … Ce sera plus difficile pour elles. Y en a-t-il beaucoup ? … Je me souviens de compétitions « dame » programmées le jour de la Fête des Mères ! Ce n’était pas génial non plus et, nous y allions, au détriment certainement de fêtes familiales ! C’était presque le bridge avant tout !

MCJ : Il faut croire que l’on pourrait se plier à tout pourvu que l’on puisse jouer… Il est vrai que des femmes en activité professionnelle, nous n’en avons que très peu. Pour être plus précise, 17% sur l’ensemble du comité, tous classements confondus. Et puisque c’est l’« excellence » qui grince surtout des dents, 2% seulement. Les instances dirigeantes se mobiliseraient-elles pour un si petit nombre ? …

CL : Alors que la Fédération lance une grande campagne de communication afin de redynamiser l’image du bridge, il semble qu’il y ait tout de même une certaine incohérence. Il est fort dommage d’exclure de certaines compétitions, même si elles ne sont que catégorielles, des personnes qui travaillent (même 2 %) et qui forcément font partie des tranches les plus jeunes de notre association …

MCJ : J’ai cru comprendre que la FFB prenait cette décision pour pouvoir bloquer à plus long terme toutes les finales nationales sur une seule et même semaine, une semaine pour les épreuves par paires et une semaine pour les épreuves par quatre. Il me semble que cela se fait déjà ailleurs en Europe et aux Etats-Unis. Crois-tu que cette formule pourrait plaire chez nous ?

CL : Est-ce pour la Fédération une question d’organisation plus simple et de moindre coût ou, pour les joueurs sélectionnés dans plusieurs de ces compétitions, moins de déplacements, moins de frais ?... J’ai un doute ...

       De toute façon, les joueurs qui travaillent seront pénalisés !

MCJ : Il y aurait un peu des deux je crois, mais surtout un gain de place dans l’élaboration du calendrier fédéral qui est loin d’être une mince affaire …

       Toi qui es également Présidente de club, quels sont donc pour toi les grands axes de développement ?

CL : Bien sûr, il y a les compétitions mais, dans un club, il n’y a pas que cela. Notre club compte actuellement un peu plus de trois cents membres, ce qui n’est pas mal, mais nous ne cessons d’essayer de le développer et d’accueillir de nouveaux joueurs. Pour cela, nous essayons d’entretenir un cadre agréable, un accueil et une ambiance sympathique et beaucoup de convivialité. Nous nous donnons pleinement pour coller à la dynamique de notre comité qui organise fréquemment des actions ponctuelles et nous nous efforçons de conserver une école de bridge vivante ainsi qu’une information régulière sur notre club … c’est le bouche à oreille qui marche le mieux, je crois, mais cela ne nous empêche nullement d’organiser souvent des portes ouvertes afin de faire venir de nouveaux membres et faire en sorte qu’ils fassent rapidement partie intégrante du club.

MCJ : Aucun doute sur vos efforts dans le domaine. On ne devient pas sans raison le premier club du comité sur le plan des effectifs. Et le niveau de jeu ? Est-ce un point qui te laisse indifférente ? Ou bien menez-vous des actions pour contribuer à l’améliorer ?

CL : Une chose est sûre, c’est que je ne suis pas du tout indifférente au niveau de jeu des joueurs de mon club. Me complaire dans la stagnation serait à plus ou moins brève échéance me condamner à entendre sonner le glas. Mieux vaut se tromper en agissant que de refuser d’agir. Et c’est ainsi que nous organisons au sein de notre école de bridge (quatre-vingts élèves) des cours de perfectionnement, des conférences mensuelles et gratuites sur un thème bien précis, des tournois de donnes préparées et commentées s’adressant à des joueurs qui ne prennent pas de cours mais qui éprouvent le besoin de se perfectionner … Et les résultats ne se font pas attendre : les progrès sont là, pour tous.

MCJ : Des initiatives à l’intention des meilleurs joueurs de votre club ?

CL : Malheureusement non. Ceux-ci s’entraînent entre eux et peaufinent leur méthode dans leur coin, ce qui est peut-être dommage. Toujours est-il que toutes les actions dont j’ai parlé avant créent une certaine émulation au sein du club et cela est source de grande satisfaction.

MCJ : C’est sûr, car cela permet de faire d’un club un lieu de vie, où l’on travaille en famille, et même si cela génère, comme dans toute famille, tensions et conflits, c’est bien qu’il le reste. Car s’il ne devient plus qu’artificiellement un lieu, il est voué à disparaître.

       En dehors du bridge, d’autres passions ?

CL : Il n’y pas que le bridge ! J’ai une famille, enfants et petits enfants, qui nous sollicitent beaucoup ; Saint-Fuscien, où nous habitons, est leur deuxième maison et nous nous en occupons beaucoup !!!

      
D’autre part, je suis conseillère municipale, ce qui me prend pas mal de temps mais ça me plaît et c’est très intéressant.
       Je fais également partie d’une association d’ordre culturel, ce qui permet d’aller visiter les dernières expositions à Paris ou même à l’étranger … Et puis encore d’autres choses !
       Tu vois, je ne m’ennuie pas …

MCJ : Oui. Merci Catherine de m’avoir accordé un peu de ton temps.
 

 

 
 
 

« De la manière harmonieuse de s’intégrer dans la vie d’un club »

Rencontre avec Gérard Bourdeau  
60 ans, marié, deux enfants et quatre petits enfants
 
Colonel r etraité depuis peu de la Défense (Armée de Terre)
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© , licencié à Compiègne depuis 2003
Arbitre de club

MCJ : Bonjour Gérard J Je repense avec amusement à ton arrivée au club de Compiègne il y a maintenant six ans. Tout ce que j'avais pu entendre à ton sujet à ce moment - là, surtout de la part de ces dames, c'était : "Vous avez vu le nouveau ! Comme il a de beaux yeux!" Mais tu as su fort heureusement depuis nous montrer que tu avais autre chose que de beaux yeux. Et sur le plan du jeu et sur le plan de ton investissement personnel au sein du club.
En 2003, le bridge, tu connaissais déjà ou c'était une découverte ?

GB : Bonjour Marie Christine. Je connaissais déjà un tout petit peu le bridge car j'en apprenais les rudiments depuis le début de l'année 2003 (choix de prendre ma retraite en 2002) au sein d'une petite association de mon village de Villers-sur-Coudun. Et surtout " je faisais des fiches " sur la Super Majeure Cinquième ... je suis un maniaque des " fiches ". Par contre la découverte, cela a été l'ambiance d'un club, les cours, les tournois puis les compétitions... et j'ai tout de suite beaucoup aimé.

MCJ : En tous cas, tu as vite fait de grimper au dessus du lot. Beaucoup de travail personnel ? Ou peut-être des partenariats très motivants ?

GB : Comme le club m'a donné la chance de faire bientôt le stage de moniteur, j'insisterai, si on me confie un groupe d'élèves, sur les deux aspects ; on ne peut pas progresser sans travail ni sans " fit " de confiance, de respect et d'amitié entre partenaires. Le bridge révélant aussi nos mauvais comportements, attention à ce que des résultats ponctuellement décevants n'entraînent pas plus que des ruptures de partenariat. Pour jouer ensemble il faut " se ressembler " et un ami (qui fait des erreurs ... comme toi) te fait progresser bien mieux que quelques points de compétition. Si tu me laisses faire un vœu, ce serait de ne plus jamais entendre un joueur (moi y compris !) raconter aux autres : " Tu ne sais pas ce qu'il m'a fait " untel " au tournoi d'hier ? ... J'avais ouvert de ... ". Qui n'a jamais entendu ou pratiqué cette " mise à mort " du calamiteux " untel " ? En fait ce qui nous manque, à tous, c'est un cours sur la relativité des ambitions ... Bref encore du travail quoi !!!

MCJ : Un stage de moniteur en projet donc, une nouvelle pierre dans la liste des fonctions que tu prends au sein du club de Compiègne. Quels sont donc les engagements que tu as pris dans la vie de cette association ?

GB : Ce ne sont pas vraiment des engagements au sens " responsabilités de direction du club ". C'est simplement mon aide, mon soutien et ma participation à chaque fois que les quelques personnes qui donnent beaucoup de leur temps pour gérer cette lourde " machine " de près de 300 personnes, je crois, ont besoin d'un coup de main. Parfois d'ailleurs c'est un vrai coup de main, au sens physique de l'expression. Sinon je m'occupe depuis cette année des inscriptions en compétitions par quatre (un peu plus de 80 équipes toutes compétitions confondues), J'arbitre un tournoi de régularité par semaine et, si je réussis mon stage de moniteur, j'entrerai dans le cercle des formateurs. Je crois, comme les responsables du club et du comité, que l'avenir d'un club passe par la formation et, petit appel du pied à ceux qui ont un niveau élevé de bridge, par le perfectionnement de ceux qui sont en panne de progrès.

MCJ : C'est vrai. Je pleure aussi pour des stages de perfectionnement. Tu devrais souffler l'idée au Président.

GB : Je suis sûr qu'il n'y aura pas besoin de souffler très fort ! ... maintenant ce n'est peut-être pas aussi simple que cela à mettre en œuvre.

MCJ : Tu as vu comme je sais bien esquiver J Et bien nous verrons les effets de ton initiative J
Il est aussi un domaine où tu interviens aujourd'hui, dont tu n'as pas parlé, et qui rend bien service au comité. Que peux-tu nous dire des éliminatoires en promotion que tu as accepté d'arbitrer cette saison au sein de ton club ?

GB : Que du bonheur ! ... même si initialement je n'envisageais pas d'arbitrer des compétitions aussi rapidement, j'ai eu beaucoup de satisfaction à le faire. En fait, je crois que tout arbitre débutant pense, à tort ou à raison, être capable de s'en sortir avec le code. Sa seule inquiétude c'est la maîtrise du logiciel informatique. Mais il faut reconnaître que tout était " blindé " autour de moi ; aide à la préparation, quatre super copines pour l'intendance le jour " J " et la possibilité permanente de pouvoir appeler au secours la fameuse personne " qui sait si bien esquiver " ... bref une belle première. Quant aux joueurs, ils ont été formidables. Peu d'erreurs à arbitrer, et surtout un " niveau de décibels " très acceptable. Je ne suis pas trop exigeant sur les secondes du timer mais je me sens très responsable du silence pendant le jeu, simplement parce que chacun le réclame ... même si tout le monde parle dès la dernière donne rangée.

MCJ : Et bien en voilà une bonne chose ! Plus de souci à Compiègne pour la gestion des éliminatoires. Que du bonheur, comme tu le dis si bien.
En dehors du bridge, d'autres " passions " dans ta vie ?

GB : Oui, heureusement : le sport (course à pieds) quand les petits bobos me laissent tranquille, la brocante (collection " stupide " d'une ancienne marque d'apéritif qu'on ne peut pas citer, je suppose), et deux envies : apprendre à jouer aux échecs et reprendre l'anglais ... enfin " reprendre " est un euphémisme !

MCJ : Ah l'anglais ! Il faudra que je cherche à savoir pourquoi tout le monde veut reprendre l'anglais à la maturité ...
En fait, si j'ai choisi de te faire parler, c'est parce que j'ai eu envie de montrer une façon, la tienne, de s'intégrer dans un club. Il y a bien sûr presque autant de façons de s'intégrer que de personnalités différentes, et toutes sont intéressantes, mais ton choix de t'investir, qui contribue au bon développement de la communauté, qu'apporte-t-il à ton développement personnel ?

GB : Ouahou !!! Là tu fouilles plus loin que dans le code de l'arbitrage !
Je crois que tu touches à la notion d'épanouissement, mais je ne saurais pas t'expliquer pourquoi, quand la communauté progresse, l'individu fait un pas en avant ... et inversement. Alors disons tout simplement que j'aime ce que je fais ... et si en plus c'est utile ... il ne faut pas bouder ce plaisir. Le goût des gens " matures " pour l'Anglais procède du même raisonnement simpliste ; la maturité c'est justement l'instant ultime de l'épanouissement ... alors on voudrait essayer de réparer les frustrations du " my so bad english " et on se lance. Tout ça, c'est sans calcul. Juste pour se faire plaisir et rendre service éventuellement.


MCJ : That's the way indeed. " Sois comme la fleur, épanouis-toi librement et laisse les abeilles dévaliser ton cœur ! " (Râmakrisnna). Merci pour ta disponibilité et ta simplicité, Gérard.

GB : Merci à toi ... et pourvu que vivent les abeilles !!! Autre question de bon arbitrage.
 

 

 
 

 
Gilles NADAL

« Il est parfois dans la vie de ces rencontres bizarres qui décident de vous
comme une main détermine les mouvements d’un pantin
 » (Viviane Da Silva)

Rencontre avec Gilles Nadal, Président du club de Blangy-sur-Bresle depuis le 19 septembre 2009

MCJ : Bonjour Gilles. Tu t’es fait remarquer pour la première fois, la saison dernière, en emportant avec ton partenaire, Espen Gisvold, la place de Champion de Comité en Espérance par paires. Tu es même monté sur le podium en Finale Nationale, en finissant troisième de France. Une belle performance …

GN : Notre « performance du printemps » est due à deux raisons : Espen Gisvold, qui vient de Norvège et qui va malheureusement repartir bientôt, est un excellent joueur. Et pour moi, le bridge n’a jamais été quelque chose de très éloigné. Lors de la rituelle visite de mes parents chez mes grands-parents, le dimanche soir, après dîner, les cartes sortaient. J’avais à peine dix ans, je n’y comprenais rien mais le souvenir est resté.
       Puis, à l’école à Vienne, entre les cours et le sport, il nous arrivait de pratiquer un petit bridge aux enchères rudimentaires. Plus tard, lors de mes études à Montpellier, il en fut de même. Suivit une interruption de trente-cinq ans environ occupés par une vie professionnelle intense.
       Il y a quelques années, avec quelques amis, nous avons pratiqué un bridge de salon très divertissant, prétexte à des dîners très animés. C’est grâce à Cécile Gignoux et Danièle Pignat que je suis venu au club de Grandvilliers. Une discipline plus rigoureuse sur le plan des enchères me conduisit alors rapidement à des progrès considérables, ce qui a permis les bons résultats en espérance.

MCJ : Et te voilà maintenant, depuis le 19 septembre, Président du club de Blangy-sur-Bresle. Une ascension bien rapide en quelques mois …

GN : C’est à Grandvilliers que j’ai rencontré Pierre Péquery, le bouillant Président de Blangy, qui n’a pas mis longtemps à me faire venir dans son club où j’ai trouvé le même accueil chaleureux. Puis au printemps, Pierre a présenté sa démission après huit années d’efforts incessants et largement couronnés de succès. Peu de candidats se présentant, il m’a proposé sa succession malgré mon inexpérience et l’éloignement du club de mon domicile. Je venais de vendre mon entreprise et j’ai trouvé qu’après avoir été accueilli dans ces clubs sans m’y engager personnellement, le moment était venu de donner un peu de mon temps et de mon énergie. Je suis donc depuis le 19 septembre le nouveau Président de Blangy et tâcherai de faire de mon mieux pour le bien du club et du bridge.

MCJ : Ce te sera sans doute tâche aisée puisque, en tant qu’ancien chef d’entreprise, tu sais déjà gérer des hommes. Serait-ce indiscret de te demander dans quel domaine tu exerçais ?

GN : Les premières années de ma vie professionnelle m’ont amené à Rouen, dans une grande compagnie pétrolière. Un jour, circulant sur une route départementale de l’Oise, je suis passé devant un bâtiment abandonné qui était à vendre. C’était une ancienne briqueterie datant de 1830, restée en l’état. Ce fut un coup de foudre autant qu’un pari insensé. Je me suis (vaguement) renseigné sur son activité passée, j’ai quitté mon emploi, acheté cette ruine et me suis lancé dans la fabrication de tomettes terre cuite artisanale, activité en voie de disparition dans notre département. Après bien des déboires, mais soutenu par une ténacité sans failles et avec la fidélité des cinq ouvriers que j’avais embauchés, nous avons réussi à créer, faire vivre et faire connaître les « Carrelages de Saint-Samson » dont les fabrications sont utilisées dans toutes les restaurations de maisons anciennes et d’un grand nombre de monuments historiques.
       J’ai vécu trente-cinq ans de bonheur dans des bâtiments dont tous les visiteurs ressentaient la magie dès leur entrée.
       J’ai vendu récemment mon entreprise à deux jeunes entrepreneurs dont je suis sûr qu’ils continueront à l’animer en y apportant leurs idées nouvelles.

MCJ : On croirait entendre un conte de fées. D’autres choses dans ton berceau ?

GN : Le temps de mes loisirs a été largement tourné vers le sport. Tout ce qui concerne la montagne, ski, raids à ski, alpinisme et même, en 1981, une expédition dans l’Himalaya où j’ai eu la chance d’atteindre un sommet à plus de 7000 m d’altitude. Souvenir inoubliable …
       Du tennis, puis du golf et aujourd’hui du vélo, en montagne bien sûr.
       Et depuis peu, le bridge, avec la passion que peut susciter ce jeu …

MCJ : De nouveaux projets pour le club de Blangy ? Ou est-ce encore trop tôt pour te poser cette question ?

GN : Il est effectivement un peu tôt pour parler de projets. Les premières semaines ont coïncidé avec les inscriptions aux compétitions, avec le stress de n’oublier personne, de ne pas se tromper, de s’adresser au bon interlocuteur. Heureusement, tout semble s’être bien passé grâce à l’aide et à la compréhension des responsables.
       Aujourd’hui, n’étant pas de la région de Blangy, je m’attache à faire connaissance avec tous les membres du club, en jouant avec chacun d’eux.
       Pour l’avenir proche, j’essaierai de « consolider » le travail effectué par Pierre Péquery qui a amené le club à un niveau élevé compte tenu de l’environnement régional, tant sur le plan de la cohésion que sur ceux du niveau de jeu, du nombre d’adhérents, des rapports avec le comité et avec les interlocuteurs régionaux.
       Nous étudions actuellement la mise en place de séances de perfectionnement après le tournoi du mercredi sous la houlette de Nadine Haudiquer et Annie Cugurno.
       Plus loin, une réflexion sur l’initiation au bridge chez les plus jeunes, même si la récolte n’a lieu que trente ans plus tard …

MCJ : Et oui, qui veut grimper une montagne commence par le bas. Mais cela fait tout de même un programme bien chargé déjà ! Bon courage à toi et à bientôt au détour d’une table de jeu, parce qu’au sommet d’une montagne, très peu pour moi.

 

 
 
 

« Au théâtre ce soir »

Et bien non !  Ce mois-ci nous ne parlerons point bridge ! Et qu’est-ce à dire ?
Simplement que j’ai grande envie de vous présenter un joueur de notre comité
 ou plus exactement un membre du club de Creil,
Francis Collignon,  qui écrit des pièces de théâtre.


normal; mso-bidi-font-style: Francis Collignon en plein travail de mise en place

   Et vous ne m’enverrez pas promener, n’est-ce pas ? Après tout, on fait bien du bridge comme on fait du théâtre : pour la bonne raison que bien souvent on a l’impression de n’avoir jamais été soi-même et qu’enfin on va pouvoir l’être. Quelqu’un pour me contredire ?

   Pourquoi tout d’un coup une telle idée ? … Parce que beaucoup d’entre nous ont eu le plaisir d’assister samedi 25 avril dernier, au Centre Culturel de Coye la Forêt, à la représentation de « Jehan, il faut que l’on parle ! », une pièce de Francis Collignon, mise en scène par David Garcia.
 

MCJ : Francis, bonjour, et merci d’avoir eu la gentillesse de me convier à ta pièce. Nous voulons savoir ! Cela fait-il plus longtemps que tu écris des pièces et que tu ne joues au bridge ?

FC : J'écris des pièces de théâtre depuis beaucoup plus longtemps que je ne joue aux cartes et mon bridge me le reproche d'ailleurs régulièrement ...

MCJ : La pièce que nous avons vue met en scène Jean Calvin ainsi que son épouse Idelette de Bure. Pourquoi ces deux personnages ?


Mohamed Mazari et Caroline Misbach dans les rôles de Jean Calvin et Idelette de Bure

FC : C'est vraiment le fruit du hasard et de l'amitié ! Il se trouve qu'une précédente pièce qui s'appelait "Amour, Sexe et Inconscient" avait particulièrement plu à Nicole et Patrick Andry qui sont depuis devenus des amis et qui avaient œuvré pour que la pièce soit jouée chez eux, à Noyon, au théâtre du Chevalet.
Il se trouve ensuite que Nicole a intégré l'équipe municipale avec des responsabilités dans le domaine de la culture.
Il se trouve enfin que 2009 est la date anniversaire de la naissance, à Noyon, de Jean Calvin ...
Il ne suffisait plus que la municipalité décide d'une initiative dans le cadre de cette commémoration et que mes amis me suggèrent d'écrire un texte à cette occasion ...

MCJ : Ta pièce se situe en 1542. A cette époque, Jean Calvin vit à Genève où il a pris les pleins pouvoirs en matière religieuse et civile. Il y contrôle les tribunaux, réglemente la vie sociale et morale de très stricte manière. Il ne se remet jamais en question, n’exprime aucun doute quant aux principes qu’il s’est inculqués et qu’il inculque, qu’il impose même plutôt brutalement à ses contemporains. « Il sait et il pense qu’il sait. » On ne peut qu’inévitablement se référer aux poussées de fanatisme que l’on connaît aujourd’hui de par le monde, n’est-ce pas ?

FC : Je ne sais pas si fanatique convient à Calvin. Sa foi était sa colonne vertébrale, sa conviction sans faille et sa détermination entière. C'était un réformateur dans le sens noble du terme, qui s'est donné les moyens de réussir ... Tous les moyens. Il est vrai qu'il a fait mettre à mort ou poussé à l'exil quelques dizaines de ses détracteurs (Michel Servet en est le plus célèbre) mais ces moyens brutaux étaient banals à l'époque. De leur côté, les papistes n'avaient-ils pas érigé les tribunaux de l'Inquisition dont on connaît la rigueur des sentences ?

MCJ : Comme partout où les religions sont très puissantes, la femme n’a d'autre rôle que celui de procréer et de tenir sa maison. Ce statut satisfait-il complètement Idelette ?

FC : C'est là le vrai sujet de la pièce. J'ai voulu éviter de me laisser enfermer, en mettant en scène le personnage de Calvin, dans le cadre des commémorations de son anniversaire - "l'année Calvin" - et de voir mon texte se périmer au soir du 31 décembre.
Le rapport de Calvin avec la femme m'a semblé une approche prometteuse d'intemporalité. Il a suscité beaucoup de commentaires. On a même parlé de misogynie ... Il n'était vraisemblablement pas pire que la quasi totalité des hommes de son temps et des temps passés. On peut penser qu'il était même "en avance" sur eux, autorisant le mariage des pasteurs, se mariant lui-même avec Idelette de Bure de laquelle il se montrera et se dira très attaché ... Je ne sais pas s'il utilisait le mot amoureux tant sa pudeur était grande ...

MCJ : C’est vrai qu’il a beaucoup de mal dans la pièce à finir par dire « Je t’aime » à sa femme. J’ai d’ailleurs été dans un premier temps très étonnée de voir comment Idelette elle-même exprimait ses sentiments et même son attachement physique à son mari. Une attitude que je pensais plutôt contemporaine. Mais après tout, de tous temps, hommes et femmes n’ont jamais été qu’hommes et femmes.

FC : J'ai tenu à montrer le côté humain de Calvin, montrer qu'il était susceptible de se "déchirer la cuirasse". Calvin inspire deux sortes de commentaires opposés : il est soit un visionnaire génial d'une rare modernité, soit un dictateur sanguinaire d'une notable férocité ... La vérité est certainement, comme toujours, faite de l'une et de l'autre de ces visions. Pour ma part, la rencontre que j'ai eue avec le personnage au travers des lectures préliminaires à l'écriture du texte m'a fortement impressionné. J'ai le sentiment qu'il était effectivement profondément humaniste et inspiré dans le fond mais brutal et maladroit dans la forme ... Inspiration et inflexibilité ne sont-elles pas le moteur des grandes réformes et l'âme des grands hommes ?

MCJ : En tous cas, beaucoup de délicatesse de ta part dans l’expression de l’amour physique. Comme d’ailleurs dans l’expression du texte tout entier, même si un texte de théâtre ne se lit pas. Le registre ne faiblit jamais, toujours à la hauteur de la noblesse des personnages et en accord avec leur époque.

FC : Merci ...

MCJ : Et à quand la prochaine représentation ? Dans le cadre de la commémoration de l’anniversaire de la naissance de Calvin ?

FC : A Noyon, oui, les 15 et 16 octobre mais avant, très vraisemblablement en septembre au cinéma théâtre d'Orry la Ville, à une date qui reste à préciser. Beaucoup de bridgeurs n'ont pas pu assister à la représentation de Coye la Forêt pour cause de vacances scolaires et je compte sur vous pour diffuser en son temps l'information auprès d'eux.

MCJ : Ce sera fait sans nul doute aucun. Ne serait-ce que pour montrer que le bridgeur n’est pas seulement qu’une machine à dérouler des cartes (sourire). Et si l’on parlait aussi du Francis « bridgeur » …

FC : Il y a peu à en dire … Pour le moins, je joue mieux que Calvin, lequel condamnait le jeu sous toutes ses formes …

MCJ : Dis-moi que tu aimes ça au moins ! Je ne te demandais pas d’afficher toutes tes médailles.


Francis Collignon et son épouse Véronique avec Martine Baraton de qui ils viennent de recevoir la coupe
«premiers des troisièmes et quatrièmes séries» du Trophée Jacques Butel 2008

FC : Dommage ... Je trouve que le bridge est le jeu le plus féminin qui soit. Il peut se faire tour à tour séducteur et cruel, il enthousiasme, puis bientôt désespère. Il fait tout cela tant et si bien que jamais, même accablé, l'on n'en peut divorcer ...

MCJ : Et bien si ce n’est pas une belle déclaration d’amour ça ! Merci Francis pour tout le temps que tu as bien voulu me consacrer et que Noyon te réserve le plus enthousiaste des accueils en octobre prochain. Tu le mérites : autant de sensibilité pour faire partager des émotions ne peut que gagner son cœur. 

« Il n'y a de théâtre vivant que si les auteurs y sont attachés. Ce sont les auteurs autant que les troupes qui font les théâtres. » (Jean Louis Barrault)

 

 

 

Jacques DEPEYRE



Guy CORNU

Il n’y a jamais un sommet d’où la vue ne soit pas belle !
Ou comment connaître le vertige d’être au-dessus de soi-même.

 

 Jacques Depeyre et Guy Cornu sont arrivés quatrièmes de la finale nationale de l’open excellence par paires cette saison. Une belle performance qui leur permettra la saison prochaine de se mesurer à encore plus forts dans le cadre de la DNO/2 d2 et donne à notre comité une meilleure assise dans les épreuves « mandarinales ». Ils rejoignent ainsi Thierry Marchand et Gérard Sauvet qui évoluent depuis un grand nombre d’années en DNO/2 d1 où ils se maintiennent toujours grâce à leur onzième place cette saison.

MCJ : Merci Jacques d’avoir accepté cette interview. Je tenais avant tout à vous féliciter Guy et toi pour votre montée en DNO/2 d2. Un beau résultat dont tout le comité est fier. Heureux, je suppose ?

JD : Oui, je suis très content. Mais maintenant il va falloir tout faire pour au moins s’y maintenir en DNO2 d2, car je serais vraiment marri de n’y faire qu’un saut de puce.

MCJ : Légitime volonté. Cornu et toi, cela fait-il longtemps que vous jouez ensemble ?

JD : Quelque chose comme sept à huit ans …

MCJ : Pas plus que ça ? Je croyais que vous étiez un très vieux couple …

JD : Et bien non, j’ai moi aussi multiplié les partenariats, non pas par goût du changement, mais parce que la vie l’a ainsi voulu. J’ai commencé par jouer avec Michel Camilleri, que j’ai beaucoup apprécié, (comme c’est vieux tout ça) mais l’éloignement géographique a fait que notre paire n’a pas pu résister au-delà de cinq ans. Puis ce fut Philippe Boutard, dit le « Boubou » ou le « fantaisiste à l’enchère », mais il a dû déménager vers Paris pour des motifs professionnels. Ensuite ce cher Andrzej Kaczmarow mais un phénomène d’usure eut raison de notre paire. Et donc ensuite, André Cornu.

MCJ : J’ai tout faux alors ! Moi qui croyais qu’une paire ne pouvait s’inscrire que dans la durée.

JD : Une paire qui dure, c’est bien là l’idéal. Mais tu sais, les paires bien souvent ne durent que par manque d’alternative. Plus tu montes dans le classement et plus les rencontres se raréfient. Ce sont tout simplement des probabilités.

MCJ : Aïe, aïe, laisse-moi encore mes illusions … « Le champion tire les leçons du passé, concrétise le présent, pense le futur. » Je suppose que Guy et toi avez déjà commencé à penser 2009–2010.

JD : Évidemment que oui mais encore aucun plan de bataille vraiment défini. Nous avons tous deux commencé par acheter les quatre tomes de Chidiac, « Standard 2000 ». Et on potasse. Ceci afin d’apporter encore plus de précision dans notre système.

MCJ : Et bien cela en fait des pages à lire !

JD : Ce n’est pas un travail inutile. Chidiac nous apporte des améliorations considérables sur le standard français. J’apprécie beaucoup son traitement des ouvertures fortes, tous les développements qu’il préconise sur les ouvertures en majeure ainsi que tous ceux qu’il élabore à partir des changements de couleur sur les texas. Cela apporte tellement plus de souplesse dans les enchères. C’est tellement appréciable.

MCJ : Je veux bien te croire. Finalement, vous allez mettre l’accent sur l’apport de précision dans votre système d’enchères.

JD : En quelque sorte oui, du moins va-t-on essayer, car nous ne sommes plus vraiment bien jeunes tu sais. Et si l’on pouvait essayer d’être plus zen aussi. Un autre élément à travailler ceci, la zen attitude.

MCJ : (sourires) Changeons de sujet. Cela fait-il longtemps que tu joues au bridge Jacques ?

JD : Ouf … J’ai débuté le bridge en 1971. A l’époque j’étais en licence de mathématiques à la fac d’Amiens. En début d’année, nous jouions au tarot entre les cours mais j’ai vite trouvé ce jeu intellectuellement insuffisant. Et un beau jour, au Restau U, je suis tombé sur Thierry Marchand et Gérard Sauvet. Et ce fut le début d’une belle aventure. Nous avons constitué un petit groupe (avec notamment Lucien Demistrovich, dit Lulu, Marc Elias, Le Chevalier) pour apprendre le bridge en comptant beaucoup sur notre puissance de déduction et en allant chercher nos prémisses dans « Le Bridge Facile » de Ledentu. Et de prémisses en conclusions, tout comme de faits d’expériences en principes induits, nous avons construit notre bridge. Et ceci dans le cadre, toujours, du Restau U, et oui …

MCJ : Si j’ai bien compris, vous n’avez jamais pris de cours de bridge. C’est par le raisonnement que vous avez bâti un système d’enchères et élaboré des stratégies à la carte. Génial ! Du bridge à l’épreuve des balles !

JD : Exactement. Les moniteurs sont pour ceux qui n’apprendraient rien tout seuls. Les acquis qui comptent sont ceux qu’on se donne soi-même, par passion de savoir. Cela nous a permis à l’époque d’arriver en finale nationale du Championnat de France des Étudiants par équipes. En ce temps là, on nous conviait avenue Raymond Poincarré, vers la Porte Maillot, pas loin de la place Victor Hugo. Et nous nous sommes fait « piquer » le titre de Champions de France par l’équipe de Claude Dadoun. Ils ont été meilleurs que nous … (sourires)

Et après, ce fut le club d’Amiens, avec ses structures, et son « Critérium », et ses Lecoq et Violet aux gros bras qui nous rossaient régulièrement, et puis ses Lecoq et Violet sur lesquels nous finîmes par prendre définitivement le dessus.

MCJ : J’entends derrière tes mots beaucoup de plaisir …

JD : Oh oui, le bridge est pour moi un vrai bonheur, une jouissance intellectuelle. Et j’essaie de transmettre cette passion à mes élèves (tu le sais, je suis également moniteur, depuis longtemps d’ailleurs – à l’époque il suffisait d’être première série pour enseigner le bridge) mais rares sont ceux qui accrochent vraiment. Ils ne veulent pas bosser entre les cours !

MCJ : Ah diantre ! Et pourtant la passion est une obsession positive. D’autres passions Jacques ?

JD : Oui, les échecs (mais je ne les potasse pas assez), le « dada » (de la finesse aussi dans le dada), le poker (mais sans argent, je n’aime pas jouer à l’argent, seul le plaisir intellectuel me comble) et tous les jeux en fait … J’adore le jeu. Et la pétanque et le tennis de table ! Mais le tennis de table, je ne peux plus : je n’ai plus suffisamment de souffle.

MCJ : Bel enthousiasme ! Cela fait envie …

JD : C’est ma grand-mère qui m’a fait aimer les cartes, tu sais. Dès l’âge de cinq ans, je jouais avec elle à la bataille et à la belote sur son tablier. Ce sont de très beaux souvenirs.

MCJ : Un grand merci Jacques. Et que la chance aussi vous accompagne, Guy et toi, la saison prochaine.

 

     

 
 

 
Bernard GAGNEUR

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

 

MCJ : Bonjour Bernard. Dans le comité, tout le monde te connaît en tant que Responsable des épreuves promotion par paires. Depuis combien de temps exerces-tu cette fonction ?

BG : Sept ans.

MCJ : Un beau nombre d’années déjà ! Qui ne laisse aucun doute sur une maîtrise certaine de tes compétences dans ce domaine. Facile de gérer les épreuves en promotion ?

BG : Je ne sais pas si c’est plus facile ou difficile de gérer les épreuves en promotion plutôt qu’en honneur ou en excellence mais certains paramètres différencient sans conteste les tâches.

En tout premier lieu, le nombre de tournois qui est nettement plus important puisque l’on démultiplie par principe pour ratisser le plus large possible. Pour la saison 2008-2009 par exemple, il m’a fallu gérer trente et une éliminatoires et cinq finales de comité ou comité–ligue. Ce n’est pas rien.

Deuxième facteur, la motivation des participants, qui est nettement moindre, du moins dans notre comité. Malgré de nombreuses relances des organisateurs, il m’a fallu supprimer des centres d’éliminatoires, faute de participants, et même lorsque les finales de comité sont enfin sur pieds, des cascades de forfaits m’obligent à des repêchages fastidieux.

Enfin troisième point, et qui n’est pas des moindres, le grade des arbitres en charge des éliminatoires. Comme l’autorise le règlement, ce sont des arbitres de club qui gèrent ces épreuves et malgré toute la bonne volonté dont ils font preuve, ils sont souvent arrêtés par l’utilisation du logiciel FFBComité qui n’est pourtant pas tellement différent de FFBClubNet qu’ils utilisent plus régulièrement. Surgissent donc des problèmes divers et variés liés à l’informatique qui font parfois de l’homologation des épreuves un vrai parcours du combattant.

MCJ : Je crois comprendre que ta tâche demande beaucoup de persévérance. Merci Bernard de t’y atteler avec autant de constance. Les joueurs n’ont pas toujours conscience de la charge de travail que certains bénévoles assument pour leur rendre agréable la pratique de leur sport favori. C’est là l’occasion de le souligner.

Reprenons un à un les paramètres que tu viens d’évoquer. Premier point, la démultiplication des éliminatoires. Crois-tu qu’elle soit absolument nécessaire ? Certains joueurs en promotion m’ont parfois confié qu’ils auraient préféré rencontrer davantage de monde en éliminatoires.

BG : Quoi qu’en disent les uns et autres, il faut organiser les éliminatoires en secteurs. Les troisièmes et quatrièmes séries se déplacent difficilement et si nous supprimions des sites, nous aurions moins de participants. Cela est couru d’avance.

  MCJ : En vertu du défaut de motivation que tu as souligné précédemment je suppose … A quoi peut-on l’attribuer d’après toi ?

BG : Il semble que ces joueurs aient surtout envie de venir passer un après-midi agréable au club et faire de la compétition ne les intéresse pas. Peut être une question d’âge et, pour certains, un problème de coût (déplacement – engagement - restaurant).

MCJ : Toujours est-il que les chiffres te donnent raison. Cette année, la participation pour les épreuves promotion par paires est en nette régression : - 13,4% en open, - 13% en mixte, - 31,4% en dame, - 1,8% en senior mixte et – 9,2% en senior open. Serait-ce l’impact des finales de comité-ligue instaurées la saison passée ?

BG : Je ne pense pas, je crois au contraire que maintenant ces finales sont bien acceptées et appréciées. Tous les nouveaux aménagements pris au niveau de la ligue dans ce domaine ont complètement renversé l’opinion que les joueurs se faisaient à leur égard.

MCJ : Un bon point pour nous ! Et peut-être alors un redécollage en 2009 – 2010 ? A moins qu’il nous faille prévoir d’autres facteurs de motivation ?

BG : C’est dans les clubs que nous devons motiver les « promo » à participer aux compétitions car on constate que des clubs avec beaucoup d’adhérents ne trouvent pas de participants tandis que d’autres plus modestes font des scores très honorables.

MCJ : Et oui, il n’y a pas de secret. Tout dépend de la motivation des équipes dirigeantes dans les clubs. C’est sur elles qu’il faut porter nos efforts de développement. Quelques mots sur le bridgeur que tu es ?

BG : J’ai commencé le bridge à soixante-cinq ans. Mon activité professionnelle ne me permettait pas de pratiquer et j’ai perdu de nombreuses années.
En plus apprendre à cet âge, ce n’est pas facile

MCJ : Et le non-bridgeur ?

BG : Prendre la vie du bon coté.

MCJ : Et pour terminer, un petit questionnaire à la « Toffier » pour mieux te cerner sur un plan personnel ? Ta qualité première ?

BG : C’est difficile de se juger, c’est l’entourage qui pourrait répondre à cette question.

MCJ : Ton plus gros défaut ?

BG : Pas de problème, la gourmandise.

MCJ : La qualité que tu préfères chez les autres ?

BG : L’honnêteté et la franchise.

MCJ : Le défaut qui t’insupporte par-dessus tout ?

BG : Le contraire.

MCJ : Ce que tu aimerais changer chez toi ?

BG : Mon poids.

MCJ : Ton livre préféré ?

BG : Le Bridgeur.

MCJ : Ton film préféré ?

BG : Bienvenue chez les Ch’tis.

MCJ : La musique que tu aimes écouter ?

BG : Le musette.

MCJ : Et enfin ton plat préféré ?

BG : Plateau de fruits de mer.

MCJ : Et bien sur ce, bon appétit Bernard.

 

     
 

 
Alain DELANOY

Bonne humeur, la clé de l’arbitrage ?

 

MCJ : Bonjour Alain. Tu fais partie, avec Ioni Dubois, Simon Léger et moi-même, de la nouvelle promotion « arbitres de comité » pour la Picardie. Sans conteste le meilleur d’entre nous. A l’aise dans ce nouveau costume ?

AD : Je ne me plains pas trop du tailleur encore que, dans certains mouvements, j’aimerais être un peu moins gêné.

MCJ : 14, 15, 16 et 17 juin 2007, Amiens … Tu te souviens ?

AD : (sourire)

MCJ : Notre fameux stage d’arbitrage ! Tu en dirais quoi aujourd’hui de ces journées, maintenant qu’elles ont perdu toute leur charge émotionnelle ?

AD : J’en ai un très bon souvenir. Sur le fond, aucune critique. Je ne puis que complimenter Jean François Chevalier et Frédéric Mazet pour leur professionnalisme. J’ai particulièrement apprécié les interventions de Frédéric. Avec lui, l’arbitrage n’est plus qu’un simple jeu où les règles sont claires et semblent à la portée de tout un chacun.Il y a pourtant quelque chose qui m’a gêné : cet examen dans la foulée … j’aurais quand même préféré pouvoir étudier au calme tout notre programme avant de me jeter dans la gueule du loup ou plutôt des loups … j’aurais sûrement évité certaines bêtises qui, encore aujourd’hui, me laissent perplexe tant elles sont idiotes …

MCJ : On a tous eu suffisamment de génie pour en faire autant, rassure-toi !

AD : Je me suis demandé si un tel timing n’était pas prévu justement pour pouvoir évaluer notre capacité à nous adapter à des situations soudaines et difficiles. Cela pourrait se concevoir car un bon arbitre devrait être en mesure de gérer son stress.

MCJ : C’est sûr. Mais les questions d’emploi du temps et de déplacements des formateurs doivent aussi intervenir dans ce choix, je pense.

AD : Tu sais, nous avions tous plus ou moins le niveau. Alors pourquoi ces 50% d’échecs ? Seule la bonne ou la mauvaise gestion du stress a fait la différence.

MCJ : Certainement. Et ton probatoire ? Car il en fallait un pour valider l’examen … Qui as-tu eu sur le dos ?

AD : « Sur le dos » n’est pas vraiment l’expression appropriée. Je dirais plutôt à mes côtés dans le cas présent. C’est Claude Lerosey qui a eu pour tâche de me le faire passer et il a tout fait pour que je sois à mon aise, ce que j’ai apprécié. En fait, il m’a donné les rênes après le discours d’accueil et m’a laissé diriger la compétition. J’ai pu tranquillement faire la mise en place le matin, en prenant tout mon temps. Puis Claude m’a invité à déjeuner chez lui, ce qui était sympathique et en mesure de me conforter. Et puis la compet, avec accueil des joueurs, informations, informatique, arbitrages, etc. … Je pense m’en être sorti convenablement (sourire) … Claude n’a eu à me reprocher que le « laconisme » de mes décisions : les joueurs aiment bien comprendre ce qu’il se passe et un peu plus d’explications apporte de l’eau à leur moulin. Depuis, j’essaye de faire attention à rendre mes décisions avec plus de pédagogie.

MCJ : Et oui, une décision bien comprise fait aussitôt retomber toutes les tensions.

AD : C’est bien là à mon avis la mission première d’un arbitre, agir pour que les épreuves se déroulent dans une atmosphère détendue. Les joueurs sont là pour leur plaisir et il serait dommage que des incidents désagréables viennent le leur gâcher. Notre rôle est de faire régner la bonne humeur. J’ai d’ailleurs toujours beaucoup de mal avec ceux pour qui la qualification à tout prix est le seul but, quels que soient les moyens, et qui appellent systématiquement l’arbitre pour éventuellement améliorer un mauvais résultat. Cela me hérisse. C’est dans ces situations que je comprends pourquoi l’appel à l’arbitre est si souvent perçu par les débutants comme une agression. A nous de le leur faire ressentir différemment. Nous sommes là pour rendre service et non pas pour pénaliser. Il m’arrive d’ailleurs, pour effacer l’image de père fouettard, d’offrir des chocolats aux joueurs, ou des fleurs, si ce sont des dames. Cela détend tout de suite l’atmosphère.

MCJ : Ah, je vois là l’empreinte de Frédéric et de ses énormes bouquets de roses !

AD : C’est vrai mais cela me fait plaisir et il est tellement agréable de voir la réaction des joueurs et de recevoir leurs remerciements quand ils partent.

MCJ : Pourquoi pas … Je vois que ta nouvelle fonction te plaît beaucoup …

AD : Oui, mais ne confondons pas les genres. A choisir, je préfère nettement jouer. En fait, je suis tombé dans l’arbitrage parce qu’il y a trois ans le club de Senlis manquait cruellement d’arbitres. Jean Claude Doudet, qui était encore Président à l’époque, m’avait demandé de me former pour lui arbitrer ses éliminatoires en promotion. Et voilà. Puis Frédéric, Martine et toi-même aussi, d’ailleurs, ne m’avez plus lâché et j’ai suivi la formation d’arbitre de comité.

MCJ : Eh oui, quand on en a un bon, on ne le lâche plus ! Nous sommes d’ailleurs déjà partis en campagne pour le niveau fédéral. Tu as dû le remarquer, n’est-ce pas ?

AD : (rire) Mais là vous pouvez vous accrocher ! « Comité », j’ai fini par céder, afin d’acquérir une certaine hauteur de vue, mais « fédéral » … dans dix ans peut-être, si je change d’avis …

MCJ : Allez, trois, quatre ans et on le fera ensemble. Et sur un plan purement physique, ça se passe bien ? En ce qui me concerne, après un week-end d’arbitrage, je suis à ramasser à la petite cuillère.

AD : Je n’ai pas trop de problèmes sur ce plan. J’ai toujours fait beaucoup de sport et je continue d’ailleurs, tous les matins. Mon point faible à moi, c’est l’informatique. Je prie toujours pour qu’il n’y ait aucun bug. Le bug est ma hantise.

MCJ : Faut pas, il y a toujours la hot-line, tu le sais. Un grand merci Alain et rendez-vous donc dans quatre ans, chez M. Chevalier. On tâchera d’organiser une nouvelle formation décentralisée …

 

     
 

 

« Tu me dis, j’oublie.  Tu m’enseignes, je me souviens.  Tu m’impliques, j’apprends. »  (Benjamin Franklin)

Du 18 au 22 février 2008 s’est tenue à Beauvais (18 et 19) puis à Amiens (21 et 22) une formation encadrée par notre APR Darie Six pour apporter aux écoles de bridge de Picardie de nouveaux moniteurs. Onze candidats y ont participé : Catherine Leclercq et Martine Riquet du club d’Amiens, Michel Canny et Jean Marc Philippe du club de Beauvais, Marceau Lottin du club de Blangy-sur-Bresle, René Perrin et Marie Liesse Ziegler du club de Compiègne, Jacqueline Moquet du club de Creil et Denis Clouet, Edith Delcour et Geneviève Mathis du club de Senlis. Martine Riquet, a bien voulu revivre avec nous ces quatre journées intensives et fructueuses.

 

MCJ : Bonjour Martine. Permets-moi juste de te présenter rapidement à nos lecteurs. Tu te nommes Martine Riquet, tu joues au bridge depuis six ans environ et tu es affiliée au club d’Amiens pour lequel tu assumes aujourd’hui la fonction de secrétaire. J’espère ne pas me tromper … Pourrais-tu nous dire quelles sont les raisons qui t’ont poussée à t’inscrire au stage de monitorat qui vient de s’achever ?

MR : Certainement, faire partager, communiquer ma passion pour le bridge à des néophytes. Essayer aussi de leur donner l’envie et le plaisir d’apprendre et de progresser afin qu’ils puissent rapidement faire leurs premiers pas dans les tournois de club.

En juin 2009, je pense prendre ma retraite. Il faudra bien que je m’occupe … et pourquoi pas en enseignant le bridge … je pourrai ainsi ne pas rompre totalement avec ma pratique actuelle (je suis enseignante).

Mais … tout cela ce sont des projets …

MCJ : Tu as déjà une pratique de l’enseignement ! C’est souvent le cas chez nos moniteurs … Et dans quelle branche professes-tu donc ?

MR : Actuellement je travaille sur un secteur scolaire en qualité de psycho-pédagogue : ma tâche est d’analyser les difficultés rencontrées par des enfants de trois à douze ans et de tenter d’y trouver une solution, tout cela en collaboration avec les enseignants et les parents. J’exerce également à la faculté d’Amiens où j’assure des cours dans le cadre d’un module optionnel « enseignement » suivi par des étudiants qui envisagent le professorat : là, l’essentiel de mes interventions repose sur la relation pédagogique et la psychologie des apprentissages.

MCJ : Une riche perspective pour les futurs apprentis bridgeurs du club d’Amiens ! Au moins tu sauras comment les prendre, ce qui n’est pas donné à tout le monde malheureusement … Au cours de votre stage, on vous a présenté dans son ensemble la nouvelle méthode d’enseignement du bridge mise au point récemment par l’UB. Qu’en penses-tu ?

MR : Ce qui m’a semblé intéressant dans cette nouvelle méthode c’est le fait que l’on fasse davantage appel au raisonnement qu’à la mémoire. L’apprentissage des enchères semble logique : tout est naturel la première année. Les enchères artificielles n’arrivent que lorsque les enchères naturelles ne suffisent plus pour échanger avec son partenaire. (A mon époque … et ce n’est pas très éloigné … on apprenait le stayman au bout d’un mois …).

Autre point que je trouve positif c’est la partie « jeu de la carte ». Je me souviens lors de mon apprentissage n’avoir abordé certaines notions qu’en troisième année. Je pense que dans ce domaine les nouveaux bridgeurs seront plus compétents.

Je ne me souviens pas non plus avoir appris la marque de façon progressive : c’est pourtant plus simple et cela exige moins d’efforts de mémorisation. De plus, lorsque sont abordées les enchères à quatre (rapidement dans cette nouvelle méthode) l’élève a déjà des notions de marque pour comprendre le bridge compétitif.

Voilà mes premières impressions … mais ton interview a lieu seulement cinq jours après la fin du stage et je n’ai pas encore eu le temps de lire les livres … et je suis sûre qu’en les étudiant, je vais apprendre : surtout au niveau du jeu de la carte.

MCJ : Si j’ai bien compris, tu y trouves même un apport pour ton bridge personnel …

MR : Oui, en lisant certains chapitres du tome 2 « jeu de la carte » (plans de jeu en défense, hypothèses à émettre ...) j’ai appris comment se poser les bonnes questions pour tenter de faire chuter. Ce domaine va, je pense, contribuer à améliorer mon bridge. Je te donne cet exemple là mais lorsque j’aurai lu entièrement les livres, je vais certainement en trouver d’autres ...

MCJ : Et bien tout ceci promet de belles perspectives ! Un examen en vue, je crois. La date a-t-elle été arrêtée ?

MR : L’examen écrit est prévu le 29 mars, la date de la pratique n’est pas encore fixée. Il faut maintenant que je trouve le temps de lire les livres pour assimiler cette nouvelle méthode d’apprentissage (le contenu et la progression) … et si je réussis, professer me permettra de continuer à apprendre ...

MCJ : Tous mes vœux t’accompagnent. Tu m’inviteras à ton premier cours ?

 

     

 
 

 
Jean-Luc DEQUIN

« Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse,
mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse. »


Jean-Luc DEQUIN, nouvellement aux commandes du Bridge Scolaire. »

MCJ : Bonjour Jean-Luc ! Te voici depuis peu à la tête du Bridge Scolaire en Picardie. Délégué Jeunesse, une appellation rafraîchissante, n’est-ce pas ? Heureux ?

JLD : Heureux, certes, pas spécialement d’être à la tête d’une structure mais de renouer le contact avec la jeunesse et le monde de l’école qui a été celui de mon enfance de par mes racines et mes débuts dans la vie professionnelle.
De plus, plus que ce plaisir, je ressens le poids de la responsabilité et le challenge que représente la réussite en ce domaine de développement du bridge à l’école.

MCJ : Mais, à peu mais bien te connaître, je suis sûre que tu as des projets plein la tête ! Je me trompe ?

JLD : Non, bien sûr, mais tu sais bien que même s’il faut avoir des idées, c’est avant tout dans l’action que l’on juge … Voilà donc comment je compte exercer ma fonction :
D’abord continuer l’action menée par mon prédécesseur à ce poste, Georges Colas, exemplaire dans cette tâche.
Etre à l’écoute et au service des initiateurs dont j’ai pu apprécier la compétence lors de notre réunion de début d’année scolaire.
Je pense que nous devrons fournir un effort important pour susciter des vocations d’initiateurs dans nos clubs et faire connaître notre activité des licenciés !

MCJ : En effet, c’est là que le bât blesse. Des suggestions sur ce plan ?

 JLD : Beaucoup de pistes ! Par exemple, une campagne de promotion avec affiches à diffuser dans les clubs, ou du démarchage en « porte à porte » avec contacts directs avec les présidents ou les joueurs, ou des articles dans la presse (j’ai pu constater que l’article dans l’As de Trèfle a été très lu et apprécié). Je suis persuadé que le contact avec les jeunes et la transmission du savoir et du plaisir à pratiquer notre jeu seraient gratifiants pour beaucoup … Je reste ouvert à toute idée pouvant faire avancer le schmilblick ! L’enthousiasme des initiateurs en fonction est en lui-même très communicatif.

MCJ : En fait, pour faire connaître le bridge scolaire, tu vas d’abord t’attacher à te faire connaître. Des tonnes de vitamines, un sourire éclatant avec une grosse envie de faire bouger les choses et tout le monde viendra de loin pour te voir « brûler » … Ca devrait marcher … Envie de parler un peu de toi ?

JLD : Juste pour que l’on me comprenne un peu plus … J’aime la vie, la famille, l’amitié, le sport, qui a été mon métier et que je pratique toujours régulièrement, la lecture, le bridge et tout et tout … J’estime avoir de la chance !
Je ferais volontiers mienne la devise « faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ».

MCJ : Action. Et le reste suivra. Nous t’aiderons.

Si, à la lecture de ces lignes, vous voulez en savoir plus sur l’enseignement du bridge à l’école, n’hésitez pas à contacter
Jean-Luc au 03.22.85.08.49
Il ne demande qu’à vous en parler.

     

 
 

 
Marie-Christine JANIAK

De la licence et des licences : non au Bridge au rabais

     Dans le vaste espace de ce que l’on appelle « le temps libre », l’activité « Bridge » ferait-elle figure de parent pauvre ? Je me pose la question.

    Chaque saison, le renouvellement des licences dans les clubs se fait assez naturellement et même de plus en plus rapidement en raison de l’application stricte des réglementations en vigueur. Il est néanmoins des joueurs qui chaque année en reculent l’échéance, non pas par manque de moyens (cela se saurait) mais parce qu’ils estiment engager par là une dépense qui ne se justifie pas. Je ne fais aucune allusion dans ces lignes à ces compétiteurs de haut niveau qui estiment que la licence devrait être un dû à leur valeur (c’est un problème que la Province méconnaît) mais à tous ceux qui, sur nos terres éloignées de Paris et de sa ceinture, sont prêts à régler les cotisations du club de tennis ou du club de golf où il est de bon ton de se montrer mais reculent dès qu’il s’agit de régler les quelques dizaines d’euros qui leur confèrent le droit de jouer à une table de bridge. Oui au dernier film sorti qu’il faut avoir vu, oui au dernier spectacle à la mode, oui au week-end en Turquie ou à Djerba mais non à leur Président de club.

   Et pourquoi ? Essentiellement, je crois, parce que le jeu de bridge n’est malheureusement pas toujours suffisamment bien valorisé. Très bien le développement par la démocratisation qui est sans conteste nécessaire mais non à l’image du parent pauvre. Si l’on ne peut faire naître la passion, ce qui doit rester le but premier, faisons au moins naître la mode. A l’inverse du Joueur avec un grand J qui n’a d’autre possession que ses rêves, les « refus de licences » ignorent l’enthousiasme, l’expérience périlleuse et ne jouent au bridge que lorsqu’ils n’ont rien de mieux à faire, histoire de tuer le temps. Ils ont en fait une si pauvre psychologie de l’amour de ce jeu qu’on aurait le droit de croire qu’ils ont fait des « mariages de raison ». 

  Pour ceux-là donc revalorisons notre image (soyons plus chers peut-être – ouille, je vous entends hurler) et faisons du bridge un must car « ce qui disparaît des mœurs ressuscite dans la mode » (Jean Baudrillard). Il n’y aura là aucune prostitution. 

Petit rappel des articles 5.1 et 62.1 du Règlement National des Compétitions :

5.1 – Licence : « Un joueur ne peut devenir membre de la FFB que par l’intermédiaire d’un club et d’un seul […] La prise (ou le renouvellement) de licence doit être effectuée avant toute participation à une compétition. »

62.1 – Obligation de licence : « Les tournois de club homologués sont exclusivement réservés aux joueurs licenciés à la FFB […]. »

     

 
 

 
Philippe TOFFIER

Philippe Toffier

Un cœur de champion c’est aussi beau qu’un cerveau de savant (G. Depardieu)

MCJ : Toutes mes félicitations, Philippe, et un grand bravo ! Tu viens de gagner avec Blumental, Faigenbaum, de Sainte Marie, Bompis et Quantin la Division nationale 1. Une grande joie, je pense, pour vous tous …

Ph.T : La DN1 par quatre est un peu considérée en France comme le Roland Garros de l’année. C’est toujours un plaisir intense de gagner un grand championnat, surtout cette année avec le suspense final qui était au rendez-vous …

MCJ : J’ai toujours cru comprendre que pour gagner il fallait risquer de perdre. Est-ce là ce qui fait toute la différence ? Le courage d’exécuter sans envisager le moindre regret des décisions qui ne sont pas toujours plébiscitées par les foules ?

Ph.T : Je m’inscris complètement en faux avec cette analyse. Les meilleurs joueurs prennent des risques très calculés et respectent des tableaux décisionnels. Il est probable que le risque pris dans une situation donnée sera répété à l’autre table si le niveau du joueur dans l’autre salle est équivalent. C’est donc l’absence de prise de risque qui est un facteur de défaite et non l’inverse.

MCJ : Curiosité, je vais dire toute féminine pour rester dans les schémas traditionnels, à quel âge as-tu connu le bridge et comment t’es venue cette passion qui manifestement remplit ta vie ? 

Ph.T : Quand j’avais 15/16 ans. Je jouais beaucoup au tennis à l’époque et dans le club-house il y avait des parties de bridge. Entre deux matchs de tennis, je venais regarder, sans comprendre grand chose, des personnes d’un certain âge parler de Stayman, de Blackwood, d’impasse et d’expasse … J’étais fasciné et je pouvais rester là des heures sans bouger !

MCJ : D’autres pôles d’intérêts en dehors du bridge ?

Ph.T : Le golf, la lecture, un peu le ski et la cuisine. Ah j’oubliais le (bon) vin qui m’aime, et que j’aime (un peu trop !)

MCJ : Et la Picardie ? Pourquoi cet attachement à un comité qui, somme toute, n’est pas pour toi géographiquement le plus naturel ?

Ph.T : Je mets quelquefois plus de temps pour aller à la Fédération que pour venir à Amiens mais là n’est pas l’essentiel. Je joue depuis presque vingt ans en Picardie ! C’est Bernard Bonnefoi qui m’a fait connaître ce comité que j’ai pleinement adopté et qui me le rend bien. Je trouve qu’il y a dans ces endroits une convivialité qui n’existe plus depuis belle lurette à Paris. Tous les très grands comités sont dans une logique de marché et ont oublié leurs fondamentaux : se réunir pour jouer doit être un réel plaisir, partagé par tous, stimulé par l’excitation de la compétition. C’est dans cet esprit qu’il faut permettre aux joueurs, dans les finales de Comité ou de Ligue, de pouvoir se retrouver le samedi soir avec d’autres paires autour d’un bon repas pour parler des donnes, des enchères, des jolis coups avec le mort, de la vie ...

J’avoue que je n’ai pas bien réussi à me faire entendre sur ce dossier dans mon comité. Mais je ne désespère pas J.

MCJ : Quelques conseils, en conclusion, pour nous autres, petits bridgeurs … ?

Ph.T : Ne jamais perdre de vue que le bridge est un jeu de ... cartes ! Plus de 80% du jeu se passe en face du mort ou en flanc. Bâtir un système très compliqué et bien souvent alambiqué ne sert à rien. Appliquez-vous à ne pas chuter les coups sur table et à ne pas refiler des contrats ingagnables et vous serez très rapidement en haut de l’échelle ! Exercez votre bon sens et votre logique, faites travailler vos petites cellules grises et vous trouverez la solution.

Enfin il faut TOUJOURS considérer, dans un premier temps, qu’un mauvais coup est de sa propre faute et non (bien entendu !) de celle du partenaire ou des adversaires. La mauvaise foi est un sport national qui consiste à tout faire (en disant bien souvent n’importe quoi) dans le seul but de ne pas avoir tort. Ce type de comportement sclérose une paire et détruit la dynamique de progrès.

Enfin, il faut travailler avec son partenaire ; pas forcément les gadgets plus ou moins à la mode mais la vision du jeu, car, pour être performante, une paire doit posséder une communauté d’esprit, faite de compréhension et d’empathie, dans toutes les situations du jeu.

MCJ : Un grand merci Champion ! Nous tâcherons de t’écouter.

 

 

 
 

 
Marie-Christine JANIAK

Arrêt sur image

 « Il n’y a pas d’enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité » (Paul Eluard)

 La cinquième édition du Trophée Jacques Butel a eu lieu en novembre dernier. Il est inutile, pour la plupart d’entre vous, d’expliquer qui était Jacques Butel. Mais depuis quelques années, le comité s’est enrichi de membres nouveaux qui, en lisant les affiches, n’ont pas manqué de demander : « Mais qui est donc Jacques Butel ? » Annick Butel, son épouse, Jacky Benard, qui a été proche de lui, ainsi que Patrice Boquillion, qui lui a succédé au poste des compétitions, ont gentiment accepté de vous en parler.

 

MCJ : Bonjour Annick et merci de nous avoir accueillis chez toi. Jacques, ton conjoint, était instituteur, je crois ?

AB : Exact. Et c’est un métier dans lequel il s’est énormément investi.

MCJ : Et le bridge a été aussi pour lui une activité très prenante, n’est-ce pas ?

AB : Oui, en effet. Jacques avait commencé à jouer au bridge dès l’Ecole Normale où, avec d’autres étudiants, il se passionnait déjà pour ce jeu de cartes. Il a continué à l’armée, surtout lors des mois passés en Algérie, ce qui lui a permis (sourire) de côtoyer quelques gradés et d’obtenir ainsi quelques faveurs … C’est surtout lorsqu’il a été en poste à Grandvilliers que le bridge a commencé à occuper une grande partie de son temps libre. A l’époque existait à Sempuis l’Institut Gabriel Prévost (IDGP), qui dépendait de la Mairie de Paris et où tout un groupe de professionnels jouaient au bridge. Ils avaient pris l’habitude de rencontrer en duplicate un groupe de bridgeurs de Grandvilliers parmi lesquels se trouvait Jacques. Il s’agissait là de matches amicaux où régnait une ambiance de franche camaraderie mais pour lesquels n’existait aucune infrastructure associative. Tous ces joueurs décidèrent un jour de fonder un club. Et ce fut chose faite en 1982 avec la création du BC Grandvilliers qui ne comptait dans ces années qu’une quinzaine de membres et dont Jacques prit la présidence dès le départ.

 MCJ : Initiative logique. Je suppose que l’étape suivante fut le développement de ce club …

AB : Oui. Jacques s’est ensuite beaucoup investi pour faire venir de nouveaux adhérents et le club s’est étoffé petit à petit. Jacques a participé avec Etienne Convert en 1989 au Festival des Jeux de Cannes. En 1990, sous l’impulsion de Jean Paul N’Guyen, qui était alors Président du Comité de Picardie, il s’est également lancé dans le Bridge Scolaire. Ceci lui a permis d'initier quelques uns de nos affiliés qui sont aujourd’hui adultes, dont Camille Bénard, la fille de Jacky.

 JB : Oui, Jacques a été l’instituteur de Camille ainsi que son initiateur. Camille n’a pas appris le bridge pour imiter papa et maman mais parce qu’elle avait une grande admiration pour son instituteur.

AB : Et puis, bon an mal an, ce fut la grande aventure avec le Comité de Picardie. Jean Paul N’Guyen, qui l’appréciait beaucoup, commença dès 93 à lui donner des responsabilités à ce niveau. Jacques, qui se passionnait également pour l’informatique, inventa un programme pour gérer les compétitions. Ce programme, qui permettait la remontée rapide des résultats vers Paris, était la fierté de tous car il faisait de la Picardie un comité pilote en ce domaine.

 MCJ : Vraiment ! Je l’ignorais … Et à la retraite, alors que Jean Claude Thuillier était Président du comité, il a fini par prendre la direction des compétitions. En 1996, je crois. C’est à ce moment là que j’ai eu le plaisir de le connaître. En tant que simple joueur, qui était-il ?

AB : Jacques jouait assez facilement avec tout le monde. Il a longtemps joué en tournoi de régularité avec M. Décousu qui est aujourd’hui décédé. Il aimait beaucoup la compétition aussi. Il a joué des épreuves fédérales avec Jacky …

 JB : Oui, en Quatre Honneur. Nous faisions équipe avec Charles et Danièle Servais. J’en garde de bons souvenirs. Nous « apprenions » à jouer et il nous arrivait parfois de plaisanter de notre misère bridgesque … J’ai connu Jacques en 1978. Il était alors responsable d’un dépôt de livres de la Bibliothèque Départementale et comme je m’occupais d’une école rurale, j’allais régulièrement me fournir chez lui. Puis le bridge nous a beaucoup rapprochés … et nous a même ouvert d’autres perspectives car nous avons même randonné ensemble …

AB : Oui. Je garde de bons souvenirs de ces randonnées … Jacques a également joué en compétition avec Dominique Simon, puis Laurent Servais … Sa grande fierté a été l’acquisition d’une place en Division I en Interclubs, pour le club de Grandvilliers, place qu’il a gagnée avec Laurent Servais comme partenaire.

 JB : Et place que le club met un point d’honneur à conserver en sa mémoire. Nous ne l’avons perdue qu’une année mais nous avons tout fait pour la récupérer !

AB : En fait Jacques aimait beaucoup le bridge. Les membres de son club, qui voulaient lui prouver leur reconnaissance, n’ont pas hésité à lui offrir une fois un tournoi en face de Michel Bessis … J’ai oublié le prétexte de ce cadeau … Le bridge l’a beaucoup aidé en fin de vie, pendant sa maladie.

 MCJ : C’est donc toi Jacky qui lui a succédé à la présidence du club de Grandvilliers ?

 JB : Oui. Et même si je ne suis pas toujours complètement disponible, je m’attache à faire vivre ce club qu’il a créé.

MCJ : Et toi Patrice, tu lui as succédé au poste de Directeur des Compétitions. J’ai cru comprendre que, de son vivant, il t’avait déjà largement impliqué dans cette fonction. C’est avant tout par amitié pour lui que tu as accepté de diriger les compétitions en Picardie, n’est-ce pas ?

PB : C’est exact. Mais Jacques, par sa disponibilité et sa compétence, n’avait pas besoin que l’on s’implique. Je n’ai donc servi que de support pour des missions spécifiques, entre autres liées à l’outil informatique. Puis quand il nous a quittés, je ne l’ai pas remplacé mais j’ai simplement pérennisé tout ce qu’il avait mis en place grâce à son sens de l’organisation et son souci de transparence.

MCJ : Ce sera notre conclusion. Un grand merci à tous les trois de m’avoir accordé tout ce temps.

 

 

 
 

 
Dominique DUPUIS

  Dominique Dupuis

MCJ : Bonjour Dominique ! Pardon, bonjour Madame la Présidente du Bridge Club de Coye la Forêt. (Tu as vu, j’ai essayé d’éviter notre habituel « Bonjour La Mère ! ») Comme nous tous, tu as dû lire dans Le Bridgeur du mois de juillet ou encore sur le site fédéral que tu étais la digne récipiendaire de la médaille FFB de bronze 2006 pour le Comité de Picardie. Tu n’étais pas sensée le savoir avant notre Assemblée Générale du 24 septembre mais notre système de communication étant aujourd’hui très au point, il nous devient difficile de garder les surprises. Contente ?

DP : Très contente, bien sûr. Cette récompense, je la partage avec tous ceux qui, au sein du club de Coye, participent activement à la réussite des différents projets suggérés.

MCJ : Effectivement, tout seul, on ne peut pas faire grand chose. Mais j’ai bien l’impression que s’il n’y avait pas un chef pour bouger tout le monde, grand chose ne se ferait pas non plus. J’ai cru comprendre que tu ne les lâchais pas d’une semelle, toutes tes ouailles …

DP : Quand la décision est prise d’organiser un événement, quel qu’il soit (compétitions, tournois spéciaux, …), il faut s’y prendre suffisamment tôt pour être le plus performant possible le jour venu. Je suis effectivement assez exigeante (voire « casse pied ! », je le reconnais) avec les gens qui aident à la bonne marche du projet mais je reste persuadée que les choses préparées sans précipitation permettront à tous de passer un bon moment le jour J.

MCJ : Bien Chef ! Je sais maintenant à quoi m’en tenir pour l’organisation de notre prochaine Fête du Comité le 4 novembre chez toi. Beau geste que cette candidature pour l’accueillir. Qu’est-ce qui vous a donc motivés ?

DP : Plusieurs raisons :

  • Tout d’abord, Jacques Butel a été le premier à nous écouter et à nous faire confiance pour ce qui concerne l’organisation des éliminatoires Dame Promotion par paires en soirée alors que ceux-ci n’avaient lieu que les après-midi en semaine, ce qui barrait l’accès à cette compétition aux dames en activité.

  • De plus, le club de Coye la Forêt se doit de participer activement à la vie du Comité de Picardie. Et il est à mon avis nécessaire de changer de lieu pour cette fête annuelle car comme le dit Snoopy : « L’ennui naît de l’uniformité » !

  • Le club se doit également d’organiser cette fête pour remercier la commune de Coye la Forêt qui nous aide en permanence.

MCJ : Bel esprit d’équipe ! On devine la sportive derrière ces paroles. Il est vrai que tu as même repris en main l’organisation des éliminatoires Quatre Dame Promotion pour le secteur de l’Oise. Comment arrives-tu à si bien les gérer ? Avec Claude Lerosey pour l’Aisne et Claude Racine pour la Somme, vous êtes tout de même parvenus à doubler en une saison le taux de participation pour cette compétition qui était en train de mourir.

DP : Je crois que la première des choses, c’est d’écouter ce que les gens disent. Pour ce qui concerne le sud de l’Oise, les joueurs sont fatigués du gré à gré. C’est très compliqué de prendre rendez-vous quand les équipes se composent de retraités et de joueurs en activité, surtout quand les distances à parcourir sont grandes. D’autre part, l’organisation de cette épreuve dans la convivialité facilite beaucoup les choses. Les joueurs de bridge sont avant tout des personnes.

MCJ : Revenons-en au club de Coye. Cela fait un certain nombre d’années maintenant que tu en a repris la présidence, n’est-ce pas ?

DP : Sept ans en novembre prochain.

MCJ : Je crois qu’à l’époque la situation n’était pas très florissante et qu’il avait fallu donner un sacré coup de collier …

DP : Oui, c’est sûr. Surtout quand on n’a commencé le bridge que deux ans auparavant. Il faut tout apprendre, l’organisation des tournois, le fonctionnement du comité, de la fédération, savoir qui « houspiller » au comité, à la fédération en cas de problèmes divers et variés !!! Et c’est d’autant plus difficile que l’on est (à l’époque) 4ème série et de plus plombière et qu’on vous le fait savoir !!

MCJ : Tes recettes pour une bonne politique de développement …

DP : Il faut être là. Être disponible, à l’écoute des gens, prendre les problèmes à bras le corps, dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit. Être une locomotive dans les projets, dans les actions. Ne pas déroger à la ligne de conduite adoptée. Privilégier la convivialité par rapport aux résultats. Avoir toujours dans la tête que la présidence d’un club quel qu’il soit ne donne que des devoirs et non pas des droits. En résumé, toujours aller de l’avant.

MCJ : Un grand merci Dominique. Si tu pouvais seulement nous donner un peu de ton punch ! Allez, salut La Mère ! Et au 4 novembre ! Venez donc nombreux, histoire de vous faire un peu « houspiller ».

 

 

 
 

 
Marie-Christine JANIAK

Binôme, mariage de deux monômes ou leur développement élevé à la puissance N ?

Mercredi 17 mai dernier a été organisée à la Maison du Bridge d’Amiens une rencontre des enseignants du comité à l’occasion de laquelle leur a été présenté un outil pédagogique encore peu utilisé, le vidéo projecteur. S’appuyant sur l’exemple concret d’un cours pouvant être donné sur la loi des levées totales, les intervenants, Darie Six et Georges Colas, ont montré de façon très vivante comment tirer avantage d’un tel matériel. Bravo pour cette excellente initiative. Mesdames et Messieurs les Présidents de club, bien de vos moniteurs seraient heureux de pouvoir disposer d’un si bel outil …

     Représentaient le club de Saint-Quentin Nelly Clarys et Jean-Luc Dequin. Fervents supporters de l’enseignement en binôme et au demeurant, fort sympathiques, ces deux bridgeurs nous amusèrent beaucoup lors du déjeuner convivial qui avait catalysé la réunion dès le départ. Je ne pus résister à la tentation de les interviewer.

MCJ : Nelly et Jean Luc, si j’ai bien tout compris, cela fait peu de temps que vous enseignez le bridge, n’est-ce pas ?

NC : Oui. J’ai passé l’examen de monitorat l’année dernière. C’est donc ma première année en tant que moniteur de club, mais je suis enseignante scolaire depuis plusieurs années.

JLD : En ce qui me concerne, j’ai obtenu le diplôme de moniteur l’année dernière et termine donc ma première année d’enseignement en collaboration avec Nelly, qui est devenue très importante dans ma vie, au sein d’un groupe de dix charmantes jeunes femmes de 1ère année.

MCJ : Et pourquoi cette vocation soudaine, en pleine fleur de l’âge ?

JLD : Merci pour « la fleur de l’âge » ! Plus sérieusement, peut-être pour renouer avec mon milieu d’enfance : je suis fils d’instituteur et ai commencé ma vie professionnelle en enseignant l’éducation physique. Également pour l’envie de faire partager une passion en éliminant quelques stéréotypes qui collent au bridge : jeu pour intellos ou réservé à certaines catégories sociales. Enfin pour montrer que l’on peut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux !

NC : Je suis une infirmière en retraite aimant les jeux de cartes et j’ai donc essayé et adopté le bridge. Cette passion satisfait les deux facettes de ma personnalité. Sur un plan thérapeutique, entretien de la mémoire et de la vie sociale et remède contre la solitude. Sur un plan plus ludique et formateur, production de champions. Et comme le précise Jean-Luc, qui dit passion dit envie de partager.

MCJ : Vous travaillez donc ensemble. Pourquoi ce choix car pour dix élèves, un seul moniteur pourrait suffire ?

JLD : Certes, mais en m’engageant dans cette aventure, j’ai pensé qu’à deux on travaillerait plus en sécurité (en cas d’absence de l’un ou l’autre, par exemple), qu’une critique réciproque pourrait nous faire progresser et surtout nous aider mutuellement dans cette première année … et je n’ai pas changé d’avis, car la charge de boulot est importante.

NC : Indépendamment de la notion de disponibilité permanente, car le binôme permet une interchangeabilité sécurisante, j’aime assez le symbolisme de la notion de « paire » : entraide, encouragements, compliments, reflets d’une bonne paire de bridgeurs.

MCJ : Cette critique réciproque, je suppose, vous aide à articuler les contenus de manière plus appropriée. C’est vrai que c’est en maîtrisant à la fois la forme et le contenu qu'on produit les communications les plus efficaces ... Dans ce contexte, votre rôle de moniteur est amené à évoluer dans le sens d'une plus grande interaction, n’est-ce pas ?

JLD : Quand je parlais de critique réciproque, je voulais surtout évoquer le rôle du moniteur recevant le cours avec les élèves. Il est à même, à cet instant, de partager les ressentis des élèves, leurs interrogations ou incompréhensions et d’aider le groupe à progresser en aidant à intervenir.

C’est sur ce point que se trouve la plus réelle et nécessaire interactivité car dans un groupe peu osent dire qu’ils (ou elles) n’ont pas compris.

Un cours de bridge donné à des adultes venus apprendre un jeu n’est pas un cours magistral donné à des élèves de classe terminale … Sa réussite tient surtout à la capacité des enseignants d’animer un groupe.

Au terme de cette année, je pense, avec Nelly, qu’il nous restera la satisfaction d’avoir gardé notre groupe entier. Personne n’a été “largué” car tous ont appris le bridge dans le plaisir (avec la méthode de l’Université du Bridge appliquée stricto sensu). Nous avons eu la chance que notre binôme, voire trinôme avec les élèves, fonctionne bien, et pas seulement de la chance car je crois que nous avons su placer nos relations à tous sur un rapport gagnant-gagnant . Vivement la deuxième année !

MCJ : Et toi Nelly ? Ton ressenti à toi ?

NC : Pour bien fonctionner ainsi il faut être « fittés », complémentaires, avancer dans le même sens, ne pas tirer la couverture à soi !

Je souhaite donc à toutes celles qui veulent travailler en binôme de trouver un Jean-Luc !

MCJ : Très motivante votre expérience ! Vous allez finir par faire des envieux ! Les candidatures au monitorat vont affluer, je l’espère, la saison prochaine. Et la compétition ? Vous leur en dites quoi de la compétition à vos élèves ?

JLD : J’ai entendu plusieurs fois des moniteurs (je pense et tiens à rendre hommage à Madame Redaux qui m’a appris et fait aimer le bridge) dire qu’ils prenaient plus de plaisir et tiraient plus de satisfactions à enseigner qu’à jouer en compétition et je commence à les comprendre !

Pour nos élèves, elles savent que nous en faisons et le plaisir que nous y trouvons.

Franchement, la compétition n’est pas leur souci pour l’instant, elle leur fait un peu peur par son côté sérieux et par le fait que le bridge leur semble difficile. Elles en ont fait une première petite expérience par le tournoi des écoles qui ne les a pas enthousiasmées.

Je pense que ce n’est pas par ce biais qu’il faut généralement aborder notre jeu et que le bridge de compétition en club mériterait un débat à lui seul !

MCJ : C’est vrai que c’est souvent le point de vue des moniteurs et de leurs élèves. Mais la compétition peut être un excellent stimulant tout de même. Je suis sûre que vos élèves trouveront beaucoup de plaisir à jouer ne serait ce que l’espérance par paires et par quatre la saison prochaine. Jean Luc et Nelly, merci beaucoup. Et tous mes vœux pour votre deuxième année d’enseignement. Vous ne m’accepteriez pas dans votre binôme ? On pourrait faire un excellent trinôme !

JLD et NC : Merci pour tes vœux et tout à fait d’accord pour le reste. La compétition d’abord, car c’est elle qui fait progresser la discipline, comme dans tous les sports (le bridge est tout autant un sport que le curling !). Mais chaque chose en son temps ! Quand à un trinôme pour enseigner, pourquoi pas ! Je suis sûr qu’avec quelqu’un comme toi, ça pourrait marcher. Mais plus on est nombreux, plus il faut que les bases de fonctionnement de l’équipe soient clairement définies, sinon on risque la bagarre !

 

 

 
 

 
Darie SIX

Darie Six, notre APR ! 

 « Le véritable enseignement n'est pas de parler mais de conduire et de se laisser conduire. »

 

MCJ : Darie Six, tout un nom déjà ! Je me souviens que la première fois que je l’ai entendu, j’ai tout de suite imaginé les paysages enneigés du nord de la Scandinavie. Puis ta haute taille, ta blondeur m’ont intimement convaincue que j’avais raison. Complètement à côté de la plaque, n’est-ce pas ?

DS : En effet, mais tu as raison sur un point : je viens du Nord, de la région lilloise plus précisément !

MCJ : Et te voici donc maintenant APR du Comité de Picardie, c’est à dire, pour ceux qui ne l’entendent pas, Animatrice Pédagogique Régionale. Je pense que tu as dû te sentir honorée par un tel choix. 

DS : Oui, et très heureuse aussi ! En fait, dans le domaine du bridge, on ne pouvait pas me faire plus plaisir ! Je pense que ce qui me touche le plus est la confiance que Christiane Thirot et Martine Baraton me témoignent ainsi. Maintenant, il va falloir que j’assume ! Heureusement, je me sens très entourée, tant au niveau du comité qu’au niveau fédéral avec l’Université du Bridge. J’ai déjà l’impression de faire partie d’une grande équipe !

MCJ : Il est vrai que tu succèdes à Christiane Thirot qui a fait un travail colossal dans le domaine de la formation en Picardie. Elle a touché à tout : enseignement, pour les adultes, pour les enfants et les adolescents ; arbitrage … Peut-être difficile de prendre sa place … 

DS : Oui, Christiane a beaucoup de compétences et d’expérience et j’ai eu la chance ces dix dernières années d’avoir appris à ses cotés. Je suis devenue monitrice, arbitre, puis Déléguée Jeunesse, fonction que j’ai dû abandonner à grand regret pour la confier à Georges Colas car j’ai voulu reprendre des études dans le domaine de la formation pour adultes.

MCJ : Pourquoi ce désir ?

DS : Pour développer mes connaissances en pédagogie et en animation de groupe. J’ai aussi appris l’ingénierie de formation (montage complet d’une formation) ; depuis, je travaille à temps partiel en tant que formatrice dans un atelier de lutte contre l’illettrisme.

MCJ : Bien. Et pour revenir à ta fonction d’APR, comment l’envisages-tu ?

DS : Je pense qu’un des rôles de l’APR est d’être un vecteur de communication entre les enseignants et la Fédération et vice-versa. Mon premier objectif sera donc de mieux connaître tous les acteurs de l’enseignement du bridge en Picardie et de me faire connaître auprès d’eux.

MCJ : Voilà pourquoi l’organisation de la journée du 23 novembre dernier à Compiègne !

DS : Oui, j’assimile cette rencontre à une journée pédagogique et je pense que la réussite d’une telle manifestation réside dans la complémentarité entre l’apprentissage ou le perfectionnement d’un sujet précis et le partage des expériences vécues par les enseignants au sein des différentes écoles de Picardie. Le thème choisi pour cette année a été « l’initiation au squeeze ». La présence de Robert Berthe, unanimement apprécié et reconnu pour ses qualités de grand professeur, a permis d’obtenir un niveau élevé de compétences dans un esprit de convivialité, ce qui rejoint parfaitement l’idée que je me fais du bridge.

MCJ : Et ton bridge à toi ? Ah, tu n’échapperas pas à cette question !

DS : Excellente question, petite curieuse ! Eh bien, je vais continuer à donner des cours dans les clubs de Senlis et de Chantilly car c’est toujours un plaisir d’être avec mes élèves ! Je vais aussi jouer en compétition. Enfin, je vais suivre la formation de Maître Assistant en vue d’obtenir le titre si je le mérite ! Un beau programme, n’est ce pas ?

MCJ : En effet. Je ne pousserai pas plus avant mes questions spécieuses et t’offre mon plus beau sourire en guise d’au revoir. A bientôt Madame l’APR.

 

 

 
 

 
Frédéric MAZET

Qu’est-ce qu’un arbitre ?

une personne chargée
 « de couper la poire en deux au moyen du fil à couper le beurre » (Auguste Detoeuf)

Nom : Mazet
Prénom : Frédéric
Age : 31 ans
Classement : 1° §
Profession : cadre bancaire

MCJ : Frédéric, bonjour. La plupart de nos bridgeurs, du moins ceux qui font de la compétition, te connaissent déjà car ils ont déjà eu l’occasion de se faire arbitrer par toi. Mais à tous ceux qui n’ont pas encore eu la chance de te rencontrer je te présente comme le nouveau Président de notre Commission Arbitrage. Tu as été élu à l’unanimité lors du dernier Conseil Régional du 18 juin. Heureux ?

FM : Je ne dirai pas heureux mais satisfait. En effet, le plus important est devant moi : m’acquitter de ma tâche. Mais je dois admettre que la confiance que le Conseil Régional me porte me touche. Tout particulièrement la confiance de ceux qui ne me connaissent pas encore J.

MCJ : Pourquoi une telle candidature ? Et qui plus est dans le Comité de Picardie ? Alors que tes origines sont angevines si j’en crois la base fédérale …

FM : Aussi étrange que cela puisse paraître, je suis passionné d’arbitrage et je me découvre souvent avoir plus envie d’arbitrer que de jouer… Alors ma candidature à cette fonction, tout en me faisant plaisir J,.va dans ma logique de faire progresser l’arbitrage.

Pourquoi la Picardie ? Simplement une rencontre avec quelques arbitres du comité lors du stage d’arbitre fédéral, qui a tout déclenché.

Quelques arbitrages sur Amiens ou Beauvais, pour combler quelques trous, m’ont permis ensuite de me faire connaître. Enfin la sympathie et le très bon accueil des joueurs m’ont donné envie de me rapprocher de la Picardie. A moi maintenant de me montrer à la hauteur de la confiance témoignée.

MCJ : Belle confiance en effet. Pas même de programme électoral. Des idées déjà pour l’organisation de ta future tâche ?

FM : En premier, je souhaite me présenter aux arbitres du comité et discuter avec eux de quelques propositions pour la nouvelle saison : la formation continue, une charte des arbitres, un arbitre d’astreinte…

Ensuite je souhaite reprendre la rubrique d’arbitrage du site du comité et y mettre régulièrement des cas d’arbitrage.

D’ailleurs, si d’autres d’arbitres ont des idées, je suis preneur.

MCJ : Ouh, je sens qu’il va être difficile de rester à lézarder au soleil sous ta coupe ! Mais l’on ne peut que s’en réjouir ! A propos de rubrique « Arbitrage » en ligne, sais-tu que notre webmestre Harry Coupel a mis en place un forum à l’attention de nos arbitres ? Tu peux y accéder par l’adresse http://arbitragebridgepic.forumactif.com/portal.forum. Peut-être rajouter à la liste de tes projets le développement de ce forum ?

FM : Ceci est une bonne idée, notamment pour les cas particuliers ne relevant pas d’une stricte application du code (jugement sur une donne, application du règlement …). Il est souvent bénéfique de discuter entre arbitres pour trouver un consensus et arbitrer d’une manière homogène (ce que recherche la Fédération avec la mise en place des stages assurés par les meilleurs arbitres de l’hexagone).

MCJ : Tu joues aussi au bridge, n’est-ce pas ? Qu’en est-il de tes réalisations et de tes rêves et aspirations de joueur ?

FM : Je joue de moins en moins au bridge, en particulier en compétition. J’ai obtenu ma première série il y a quelques années grâce à mes partenaires de quatre à La Baule (Comité d’Anjou), trois super années qui sont hélas terminées. En fait, je ne me fais pas d’illusions, je ne serai pas un grand joueur de bridge ; j’espère seulement gagner une ou deux couleurs dans les quarante ans qui viennent et pourquoi pas, commencer lors de la nouvelle saison en Picardie …

MCJ : Revenons à l’arbitrage. Quelles sont pour toi les principales qualités d’un arbitre ?

FM : Pour répondre, je ferai référence à l’Article 3 du règlement : « Les arbitres ont pour mission prioritaire d’assurer le bon déroulement des compétitions ». Une compétition qui se déroule bien, c’est une recette de cuisine avec trois ingrédients : 50% de relation avec les joueurs (réponses aux questions, informations claires et précises, respect des règles, tout ceci avec une pincée d’humour …), 30% de préparation et d’organisation et enfin 20% de connaissance du code, du règlement et de technicités d’arbitrage. Donc le talent d’un arbitre se juge sur sa relation avec les joueurs, sa capacité à organiser et mener un tournoi et enfin sa connaissance du code. A moi de donner aux arbitres picards les moyens de progresser dans tous ces domaines.

MCJ : Tu aimes donc la cuisine ! On va pouvoir en débattre dans l’arrière salle… Merci beaucoup Frédéric de m’avoir accordé un peu de ton temps. Nous t’aiderons tous dans ta future tâche dans la mesure de notre possible. Rendez-vous début octobre sur le terrain. Et manches retroussées.